BADUME’S BAND – Addis Kan

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BADUME’S BAND – Addis Kan
(Innacor)

Le nouveau groove éthiopien viendrait-il de Bretagne ? C’est effectivement à croire à l’écoute du premier album de ce jeune groupe breton. BADUME’S BAND (“le groupe de chez nous”, en breton) est bien placé pour s’imposer comme l’enfant spirituel de Mahmoud AHMED et de son groupe. BADUME’S BAND a été créé en 2004 par trois anciens musiciens de GWENFOL, collectif de musiciens de “Breizh ethno funk”, style inspiré des sonneurs et chanteurs traditionnels de Bretagne avec l’esprit du jazz électrique des années 1970.

Ainsi Éric MENNETEAU (chant), Antonin VOLSON (batterie) et Xavier PUSSET (saxophone ténor), devenus amateurs du “Swinging Addis” éthiopien, se sont entourés de Rudy BLAS à la guitare électrique, Étienne CALLAC à la basse, Franck Le MASLE au Rhodes, à l’orgue Hammond, au Wurlitzer et à la clarinette, Pierre-Yves MEREL au saxophone ténor et à la flûte et Jonathan VOLSON aux percussions, pour réaliser leur projet inspiré des musiques éthiopiennes des années 1960 et 1970.

En 2005, le BADUME’S BAND invite Aklilu ZEWDIE, clarinettiste et directeur du conservatoire d’Addis Abeba (capitale de l’Éthiopie), pour deux semaines de résidence en Bretagne puis, en 2006, le groupe a la chance de pouvoir inviter Mahmoud AHMED pour un festival, toujours en Bretagne.

Après un concert à la fin de l’année au Festival Africolor en région parisienne, BADUME’S BAND participe en janvier 2007 au Festival des musiques éthiopiennes à Addis Abeba, sur l’invitation de Francis FALCETO, directeur artistique du festival et du label Les Éthiopiques. Fort de cette expérience nouvelle et enrichissante auprès des musiciens locaux, le groupe enregistre son premier album, Addis Kan.

Le nom de l’album, tout comme celui du groupe, est symbolique : Addis signifie “nouveau” dans la langue officielle de l’Éthiopie et Kan, “chant” en breton. Il s’agit effectivement bien d’un chant nouveau que nous offre Éric MENNETEAU, avec sa voix chaude à la fois rugueuse et veloutée, à mi-chemin entre Érik MARCHAND et Mahmoud AHMED. Ya Sélame Lalo, qui ouvre l’album, annonce tout de suite la couleur : une voix incroyable et des musiciens dopés au groove depuis leur plus jeune âge !

BADUME’S BAND dégage tellement de chaleur et d’énergie qu’on a vraiment l’impression d’avoir affaire à un groupe venu tout droit d’Éthiopie. Si les morceaux sont des traditionnels ou des œuvres de compositeurs éthiopiens, la plupart sont arrangés par des musiciens du groupe, qui font preuve là encore d’un immense talent. Les orchestrations sont variées, parfois complexes, et n’hésitent pas à laisser une place aux solistes pour exprimer leur virtuosité. La version de Yeshi Haregitu, chanson écrite par un soldat pour séduire sa belle et popularisée par Mahmoud AHMED, n’a rien à envier à son modèle, tant la chaleur de la voix et des instruments séduit et caresse les oreilles.

Le final de l’album a été enregistré en août 2007 lors d’un festival en Bretagne où BADUME’S BAND comportait un membre supplémentaire : Mahmoud AHMED en personne qui interprète l’un de ses morceaux, Fetsum Denq Ledjenèsh, en duo avec Eric MENNETEAU. Un grand moment !

Le CD est augmenté d’un film de 14 minutes, lisible uniquement sur ordinateur (comme c’est de coutume sur le label Innacor), sur le séjour du groupe au Festival d’Addis Abeba, présenté par Mahmoud AHMED, grand admirateur de BADUME’S BAND qui ne manque jamais une occasion de participer à leurs concerts.

Avec son Addis Kan, le BADUME’S BAND breton s’impose parmi la jeune génération des nouvelles musiques éthiopiennes. C’est un groupe à suivre de très près.

Sylvie Hamon

Page label: www.innacor.com

(Chronique originale publiée dans
ETHNOTEMPOS n°36 – novembre/décembre 2007)

 

 

 

 

 

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