CAMEMBERT au Festival Rock In Opposition à Cap Découverte, septembre 2018

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CAMEMBERT

au Festival Rock In Opposition

à Cap Découverte (81)

le 16 septembre 2018

 

Avaler du CAMEMBERT à l’heure de l’apéro (compte tenu du décalage horaire provoqué par une courte nuit), est-ce bien raisonnable ? D’autant que ce CAMEMBERT-là est du genre à provoquer des visions ! (Un CAMEMBERT au champignons ?) En découvrant le groupe dans la salle “Robert-Wyatt” de la Maison de la musique de Cap Découverte en ce début d’après-midi de dimanche, une étrange sensation a plané à la vue de ce CAMEMBERT en grande pompe, dont les huit membres, à moitié vêtus de combinaisons blanches, jouaient sur un instrumentarium étoffé une musique sophistiquée, toute en finesse et dentelles (mais aussi de sacrés décollages) et saupoudré d’humour musical et théâtral. Car un an auparavant, dans le même lieu au même moment, le concert du groupe aPAtT avait les mêmes caractéristiques ! Le rock in opposition est-il la proie de failles temporelles ?

Mais une oreille affûtée a tôt fait d’établir un distinguo entre les deux groupes. Créé en 2005 CAMEMBERT, dont la carrière a déjà été ponctuée par un EP (Clacosmique en 2009) et deux albums (Schnörgl Attahk en 2011, Negative Toe en 2017), s’inscrit plus sûrement dans une veine rock progressif tirant vers le jazz-rock sidéral et la musique de chambre contemporaine.

Aussi sa musique s’épanouit-elle dans des compositions à tiroirs aux allures d’odyssées symphoniques (sorties du cerveau bouillonnant de Pierre W-CHEESE) racontant, par la voix de la chanteuse Léla FRITE, des histoires nourries de science-fiction (Fécondée par un extra-terrestre) peuplées d’êtres étranges (les Schnorgl…) ou traitant de sujets plus concrets (Le Concierge) et d’événements historiques (Le Testament espagnol, inspiré du livre éponyme d’Arthur KOESTLER).

La musique accumule les séquences contrastées, les cassures rythmiques, les rebondissements imprévisibles, évoquant fortement et prioritairement l’univers d’un Frank ZAPPA, avec quelques touches de GONG bien évidemment (quand on a décidé de s’appeler CAMEMBERT, on peut difficilement faire celui qui ne savait pas…). Mais plein d’autres influences viennent également s’insérer dans cet univers à visage cinématographique (du funk aux rythmiques afro-cubaines en passant par les musiques de films) qui mêle écriture savante et rythmes dansants.

Le show de CAMEMBERT donnait autant à écouter qu’à voir, eu égard aux instruments atypiques utilisés (trompette, trombone, harpe, xylophone, vibraphone en plus des classiques guitare, basse et batterie) et au jeu extrêmement théâtralisé de ses membres. CAMEMBERT raconte des histoires, sa musique est millimétrée, l’improvisation n’y a pas trop sa place. En cela, il fait un excellent candidat pour les festivals de rock progressif, dont il contribue à tirer le genre vers le haut.

La musique de CAMEMBERT ne s’avale pas d’une traite et nécessite un temps d’adaptation. Comme ses compositions s’étalent volontiers dans la durée, CAMEMBERT a étiré sa performance un peu au-delà de la durée prévue. Mais peut-on reprocher à un CAMEMBERT d’en faire des tartines ?

 

 

Site : http://camembertmusic.com/

CD/LP : CAMEMBERT – Negative Toe (2017, Altrock)

 

 

Article et Photos : Stéphane Fougère

Lire le compte-rendu du Festival Rock In Opposition 2018.

Diaporama photos :

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