Christian RICHET – Crépuscule

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Christian RICHET – Crépuscule
(Dreaming)

Voici un album parfait pour les rêves et les voyages imaginaires vers des lieux lointains que nous devons à un musicien français, percussionniste de formation, spécialiste de la musique dite électronique, new-age, planante et « ambient ». Crépuscule est son septième album ; son premier album remonte déjà à 1989 (The First, Baillemont Productions).

Crépuscule est un bel exemple de ce que la scène française est capable de faire dans ce genre de musique. Ce n’est pas vraiment évident d’être créatif et crédible devant l’héritage quasi-intouchable laissé par le passé (notamment l’école allemande ou par des artistes américains comme Steve ROACH). Il faut pouvoir tenir la route, proposer des ambiances qui accrochent, savoir jongler avec élégance entre des passages mélodiques et d’autres plus abstraits. Créer un univers personnel et singulier est un exercice difficile, car au final il est important de ne pas lasser les auditeurs qui sont de plus en plus exigeants.

Mais heureusement, RICHET n’est pas un débutant au regard de sa discographie toujours en renouvellement et qui a su se détacher de ses collègues allemands ou américains. Ici, encore une fois, il sait capter notre attention avec de grandes compositions très atmosphériques, assez intéressantes et subtiles, qui n’évitent pas cependant quelques maladresses et un certain manque d’originalité ; par exemple, nous percevons des faiblesses sur Melancholy et Recreation… À notre avis, les deux seuls titres les moins passionnants de ce disque.

Crépuscule débute avec Allegro, une composition qui correspond bien à la musique proposée : c’est en effet une pièce au rythme rapide, comme si le musicien perdait le contrôle de ses machines qui s’emballent sans raison ; elles sont prises de pulsations effrénées faisant penser notamment à des klaxons robotiques et il faut avouer que c’est assez drôle et très dynamique.

Comme nous l’avons souligné précédemment, nous sommes un peu moins convaincus par  le titre suivant, Melancholy, plus calme mais trop long. La mélodie principale est un peu trop naïve et finit par lasser, donnant l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose. Peut-être qu’une version plus courte aurait été plus judicieuse.

C’est autrement différent avec Crépuscule (Twilight), pièce en deux parties, où tout l’univers de RICHET s’ouvre à nous avec cette inventivité marquante qui est le signe des grands magiciens atmosphériques. La musique ne manque pas de nous attirer dès la première écoute ; elle est très attractive, car pleine de rebondissements sonores. Elle semble vouloir tracer une route sinueuse et périlleuse au risque de se perdre ou de nous perdre vers un autre monde, où se mêlent des ambiances étranges et multicolores, à la fois inquiétantes, tribales et légèrement orientales (Part 2).

Il y a également une autre pièce plutôt réussie, qui s’appelle Tectroi 2 : pendant plus de dix minutes, nous sommes attirés par des sons électroniques rythmés, proches de TANGERINE DREAM, et par les envolées aériennes d’une guitare électrique (jouée par Moulay AIT SI AHMED) au son puissant et très prog’.

Pour ceux qui ne le connaissent pas et qui aiment les musiques jouées aux synthés, Christian RICHET est un nom à découvrir. Certes, peut-être que les plus exigeants ou les blasés ne trouveront rien de passionnant ou ne se donneront pas la peine d’écouter le disque. Pourtant, nous le savons déjà depuis quelques années, les musiciens français valent la peine de s’intéresser à leurs travaux. Regardez par exemple ALPHA LYRA ! Et il y en a tant d’autres !

Sur cet album, RICHET offre des compositions de bonne qualité, avec de belles mélodies, des envolées assez prenantes, des atmosphères intrigantes (The Glass Harmonica Player est une merveille aux sensations uniques)  et des moments bien rythmés rappelant parfois les soundtracks de TANGERINE DREAM dans les années 1980 (le mystérieux 57).

Crépuscule a la particularité d’être un album étrange tout en étant accessible. Nous y découvrons des ambiances différentes qui se télescopent avec une certaine aisance. C’est un album qui semble osciller constamment entre des passages évanescents, enfantins, rêveurs et rythmés, voire même un tantinet agressifs et rock.

Cédrick Pesqué

Page : http://musearecords.com/ext_re_new_releases.php?n=10&lim=5

 

 

 

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