DUPLESSY & THE VIOLINS OF THE WORLD – Crazy Horse

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DUPLESSY & THE VIOLINS OF THE WORLD – Crazy Horse
(Absilone)

Duplessy&theViolinsoftheWorld_CrazyHorseUn hennissement annonce le départ, et c’est au grand galop que le Crazy Horse démarre son voyage ! Ce sont alors des instruments à cordes qui se mettent à leur tout à hennir, à grincer, à cavaler… Les voici, chevauchant fièrement leurs montures, ce sont eux… les quatre cavaliers de l’apo… euh ! non…. les « Trois Violons du monde » et leur tour opérateur Mathias DUPLESSY. Souvenez-vous, ils nous avaient gratifié en 2009 de leur premier guide de voyage, dédié à une figure historique de l’exploration, Marco Polo. Sept ans et quelques tournées plus tard, ils nous livrent un nouvel album d’images musicales aussi fortes, alternant paysages désormais coutumiers et d’autres plutôt inédits.

À l’époque de Marco Polo, le compositeur et multi-instrumentiste Mathias DUPLESSY avait choisi pour compagnons de voyage des musiciens venant de plusieurs contrées d’Asie. Ici encore, on retrouve les prodiges GUO Gan, joueur de vièle erhu chinoise, et Enkh JARGAL, joueur de vièle morin-khuur mongole. Mais si le joueur de sarangi indien Sabir KHAN fait encore deux apparitions sur ce disque, il a cependant quitté cette chevauchée fantastique et, contre toute attente, c’est un joueur de nyckelharpa suédoise, Aliocha REGNARD, qu’a recruté DUPLESSY. Puisant son inspiration au cœur des musiques anciennes d’Orient et d’Occident, REGNARD est aussi un fin amateur de musiques improvisées. Son ouverture d’esprit et son vaste bagage et parcours musicaux en faisait un compagnon de route idéal pour ce nouveau trek musical en onze étapes, aux horizons de fait élargis. Et comme les voyages forment les rencontres, le jouer de violon oriental tunisien Zied ZOUARI a même été convié à faire un brin de chemin sur deux morceaux.

Si Marco Polo pouvait s’écouter comme la bande-son d’une randonnée sur la Route de la Soie, Crazy Horse, sans se détourner des campagnes, déserts et autres steppes des plateaux asiatiques, bifurque aussi vers d’autres contrées, et fait entendre des échos de musiques nordiques, ou encore celtiques, voire country, avec toujours ce goût prononcé pour les ambiances « western » signées Ennio MORRICONE.

La majorité du répertoire est bien entendu signée par Mathias DUPLESSY, avec quelques contributions supplémentaires d’Enkhajrgal DANDAARVANCHIG et de GUO Gan. D’une composition à l’autre, chaque musicien trouve matière à monter au créneau, a tout loisir d’imprimer sa marque, de servir de guide, de nous conduire au petit trot sur The Road to East, d’attirer notre attention sur des choses aussi fugaces que le Vol du héron, des choses aussi pérennes qu’un Lac dans la brume ou les sommets des Montagnes, bousculer notre sérénité en faisant éclater des Pétards chinois, de stimuler notre imaginaire (et notre circulation sanguine) avec une Chevauchée céleste, et de tutoyer les divinités à coups de « Om Mani Padme Hum » bien rauques (Bysalgal). Et comme dans Marco Polo, il y a une incursion dans la musique classique chère à DUPLESSY, cette fois avec la reprise de la Pavane pour une infante défunte de Maurice RAVEL, parée pour l’occasion de fragrances chinoises et moyen-orientales.

A la différence de Marco Polo, qui comprenait des pièces solistes un peu démonstratives présentant les cultures de chaque « violoneux », Crazy Horse n’offre que des compositions mettant en valeur le travail de groupe. Les années et les tournées ensemble aidant, et même en dépit des changements de personnel, le quartette a appris à davantage cerner son propos, à resserrer les rangs, à cultiver le dialogue et à se lancer dans une direction vraiment commune pour livrer une musique bien à lui, qui n’est pas qu’une simple représentation ou rencontre de cultures, mais une musique nomade, itinérante, migratoire, vagabonde, pérégrine, nourrie au blues universel… Elle se distingue en outre par une dimension cinématographique encore une fois affirmée et revendiquée, donnant l’impression d’écouter la bande originale d’un « road movie », ou, si c’est possible, d’un western orientaliste.

Vous êtes amateur de grands espaces ? N’hésitez pas à partir sur les traces de ce Crazy Horse ou, mieux, à l’enfourcher. S’il lui arrive de faire des embardées bien secouées, il sait aussi musarder, contempler, s’attendrir, rire, et faire reluire sa crinière dans les étoiles. Le rêve est à portée de guitare et de violons… Et vous pourrez dire, comme le regretté John TRUDELL : « Crazy Horse, We Hear What You Say…. »

Site : www.mathiasduplessy.com

Stéphane Fougère

 

 

 

 

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