FESTIVAL INTERCELTIQUE 2019 – Année de la Galice

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FESTIVAL INTERCELTIQUE 2019

Année de la Galice

Après le Pays de Galles en 2018, le Festival Interceltique de Lorient (FIL) a mis le cap au sud en mettant à l’honneur l’une des deux nations celtes d’Espagne, la Galice.

Les nouveaux aménagements mis en place l’an dernier ont été conservés et améliorés. Un ciel de parapluies a été disposé sur la Place des Pays Celtes, derrière le Palais des Congrès, près des pavillons gallois et écossais. Le village celte qui s’était installé au Breizh Stade a été maintenu en ces lieux.

Le dispositif sécuritaire est désormais bien perçu par les festivaliers dont le nombre se situe d’après des premières estimations aux environs du pic de 2010, soient près de 800 000 visiteurs.

Plusieurs rendez-vous se sont joués à guichets fermés : la cotriade au port de pêche, les concerts de SOLDAT LOUIS, Nolwenn LEROY, Goran BREGOVIC et Carlos NUÑEZ ainsi que les deux représentations de la nouvelle collection du couturier Pascal JAOUEN, Sur la Route de… Saint Jacques.

La vente du badge de soutien a atteint les 83 000 unités.

La Grande Parade des Nations Celtes a attiré 75 000 spectateurs le long du parcours entre le port et le stade du Moustoir et 10 000 à l’intérieur du même stade. La retransmission télévisée qui s’en est suivie a bien fonctionné, tout comme la Nuit Interceltique qui a permis à France 3 d’être en tête des audiences le soir de la diffusion.

La surprise est par contre venue de la présence acadienne qui fut considérablement réduite cette année alors que nos cousins d’outre Atlantique nous avaient habitués à une présence forte et perceptible depuis 2004. La raison mise en avant était la tenue du congrès mondial acadien du 10 au 24 août qui a concentré tous les moyens, au détriment de la manifestation lorientaise.

Seule une petite toile de tente accueillait malgré tout des concerts.

Il faut espérer que cette disette ne soit que ponctuelle et souhaiter retrouver l’Acadie telle qu’on l’a connue, dès l’an prochain.

En 2020 Le Festival Interceltique célébrera sa cinquantième édition et l’invité d’honneur sera le pays organisateur, la Bretagne.

André MALRAUX a écrit : « Une culture ne meurt que de sa propre faiblesse. »

Cette année encore,  le Festival Interceltique a su démontrer la force des cultures celtiques.

COMPTE-RENDU

DANS ER JEKO

Lors de la première soirée du Festival, la scène du Quai de la Bretagne se fait l’hôte des lauréats du Grand Prix du Disque Produit en Bretagne. La formation ayant reçu la mention spéciale du jury n’a pu s’y produire car le projet était difficile à monter. C’est une autre formation, non lauréate mais dont le CD faisait partie de la sélection du Grand Prix, DANS ER JEKO, qui a été conviée.

Bien qu’originaire de la région lorientaise, DANS ER JEKO ne navigue pas dans les eaux de la musique bretonne. Le concert se déroulait sur le port de plaisance de Lorient face aux bateaux. Ce fut donc pour un voyage vers des horizons lointains que nous ont entraînés les musiciens, vers le Brésil ou le continent Africain, dans une ambiance parfois jazz ou funk, avec de longues plages instrumentales où chacun pouvait s’exprimer.

Les paroles des chansons étaient par contre en breton et plus particulièrement en dialecte vannetais, ce qui rendait l’ensemble foncièrement original et inattendu.

Le bassiste troquait son instrument pour un N’goni sur les titres Mab ar brezel et Spurmant ar mor tandis que le chanteur, Jañlug ER MOUEL s’accompagnait parfois d’une sansa ou était soutenu par sa fille Sterenn au chant.

* Entretien avec Jañlug ER MOUEL
Jañlug, tu es le chanteur du groupe DANS ER JEKO. Peux-tu nous présenter la formation ?

Jañlug ER MOUEL : DANS ER JEKO est un groupe de quatre musiciens. Il y a Thibault NIOBE à la guitare. C’est quelqu’un qu’on connaît notamment dans les groupes O’TRIDAL ou PEVARLAMM. Il y a Gwylan MENEGHIN à la basse qui joue dans AMPOUAILH et qui dirige le Bagad de Quimperlé et puis Marcelo COSTA, qui est le brésilien de la formation, qui joue dans BEL AIR DE FORRO. On fait de la musique que j’ai tendance à appeler de « la musique de voyageurs ». C’est une musique dont les influences ont été ramenées de différents voyages. On est bien sûr axés sur Lorient mais on regarde vers le sud, l’Océan Atlantique, le Brésil et le continent Africain. Notre musique, c’est du lien entre tout ce monde-là !

Comment est née la formation ?

Jañlug : Quand j’étais ado, je jouais dans des groupes de musique brésilienne. J’étais passionné par cela. Après, je suis allé faire un long séjour en Afrique où je me suis inspiré des musiques locales. Quelques années, voire quelques décennies plus tard on va dire puisque je ne suis plus tout jeune, j’avais des compositions de l’époque qui me restaient et que j’avais envie d’exploiter.

On s’est rencontré avec Thibault et Gwylan sur une grosse formation avec Laurent LANDAT, Nicolas SIZ et Glen LE MERDY. C’était plutôt un groupe de fest-noz.

J’ai découvert ces deux jeunes musiciens à cette époque-là et il y avait un son à l’africaine que j’aimais bien. Je leur ai proposé de faire un essai, une petite répétition et en un après-midi, on a pondu trois morceaux. C’était très brouillon mais il y avait quelque chose.

On s’est dit : «OK, il faut y aller. On va trouver un percussionniste et on va continuer à travailler.». Le soir même, Gwylan vient à la Taverne à Lorient et y passe l’enregistrement. Il le met ensuite en ligne sur Facebook en rentrant chez lui.

Trois jours plus tard, France 3 Bretagne m’appelle pour me demander de venir faire l’émission Bali Breizh. J’étais un peu en panique. J’ai finalement contacté Marcelo parce que je connais bien le milieu brésilien breton. Je suis capoeiriste et c’est ce milieu-là qui m’a fait le découvrir. Il était d’accord mais on n‘a pas pu répéter avant donc il a fallu qu’on aille jusque France 3 et c’est là qu’on a répété, juste avant l’émission, toute la journée, tous les quatre pour la première fois. C’était très rigolo !

A partir de là, on a lancé l’aventure. On a commencé à avoir des dates qui sont arrivées. On s’est dit qu’on allait rester sur la même dynamique. C’était en décembre 2014 et on a sorti l’album en avril 2015. En quatre mois, il a fallu écrire et composer le reste du répertoire et l’enregistrer.

Il n’y a aucune réminiscence de musique bretonne ? C’est vraiment une musique d’inspiration sud-américaine ou africaine ?

Jañlug : Oui et non ! En fait, je suis profondément ancré dans le chant traditionnel de Bretagne, Gwylan et Thibault aussi dans la musique traditionnelle de Bretagne. Évidemment, quand j’ouvre la bouche, quand je chante, il doit y avoir quelque chose qui reste des gwerziou ou des chants à danser, du moins par les timbres. Pour nous, le propos n’est pas de faire de la musique brésilienne ou africaine, c’est vraiment de faire de la musique tous les quatre ensemble avec nos propres influences. La musique bretonne, quelque part en filigrane, elle doit transpirer quand même. Il y a déjà la langue puisque je chante en breton. Je n’adopte rien, c’est vraiment le breton que je parle au quotidien autour de chez moi avec les gens de ma rue.

Ce n’est pas n’importe quel breton puisque c’est du breton vannetais ?

Jañlug : C’est du breton vannetais, un peu du Pays de Lorient, un peu du Pays Pourlet puisque je suis entre les deux du côté de Plouay. C’est le breton que parlaient mes grands-parents, celui que parlent encore les gens dans ma rue. Les petites dames qui descendent encore aujourd’hui au lavoir pour laver le linge, quand elles se retrouvent à discuter, parce qu’il y a un petit peu de soleil, c’est ce breton-là qu’elles utilisent.

Toi-même, tu es bretonnant de naissance ?

Jañlug : Je ne suis pas bretonnant de naissance. C’est une langue dont je suis parti à la reconquête. Comme beaucoup de gens, c’est une langue que j’ai entendue chez moi. Mes grands-parents la parlaient. Mon père m’a avoué très tard qu’il la parlait aussi. Il voulait un petit peu s’en débarrasser, je pense.

J’étais très attiré par cette langue. Je suis allé à l’école, à la fac, ensuite j’ai fait les formations longues. Je suis retourné travailler avec les anciens chez moi, faire des collectages sur la langue, sur les chants et j’ai continué à travailler là-dessus jusqu’à DANS ER JEKO où je réinvesti le breton dans une forme actuelle.

De quoi parlent les textes ? Qu’est ce qui t’inspire ?

Jañlug : Je parle des choses d’aujourd’hui. Cela ne va pas plus loin que ça. Ce sont parfois des tranches de vie, le mal vivre, le bien vivre, le vivre ensemble, la mixité sociale. J’ai aussi des textes qui vont parler d’enfants soldats au Congo, de pirateries dans le Golfe de Guinée. An taol Siroko, le titre de notre deuxième album, c’est un coup de Sirocco. C’est une chanson que j’ai écrite sur les problèmes qu’il y a eu au Sahara il y a quelques années lorsque les islamistes s’en sont pris à la population.

D’où vient le nom du groupe et que signifie-t-il ?

Jañlug : Un gecko, c’est un petit animal, du genre lézard, qu’on trouve dans les pays chauds. Il y en a de toutes les couleurs, de toutes les formes puisqu’il y a plein d’espèces différentes. C’est la « danse du gecko » ! On a trouvé ça un soir de fiesta (rires) !

Vous vous produisez souvent et dans quelle zone géographique ?

Jañlug : Principalement en Bretagne. On ne fait pas énormément de concerts. On aimerait en faire beaucoup plus, c’est sûr. Là, on doit être à une quinzaine de concerts par an et on a vraiment beaucoup de plaisir à jouer cette musique. On a envie d’exporter la musique en dehors de la Bretagne. Elle est faite pour ça aussi. Faire écouter la langue bretonne un peu plus loin et surprendre un peu les gens avec ce breton-là.

Tu as beaucoup navigué dans la musique bretonne. Tu continues à le faire ?

Jañlug : Oui, bien sûr ! DANS ER JEKO n’est pas le seul groupe dans lequel je chante. J’ai des projets assez personnels et très trads. J’ai joué au Festival du Chant de Marin de Paimpol avec un de mes nouveaux groupes qui s’appelle NAVA. C’est de la musique modale traditionnelle. Je n’écris aucun texte dans ce groupe-là. Ce sont des textes que j’ai collectés ou que j’ai récupérés comme ça, à droite, à gauche. C’est avec David SEVERAC qui joue de la vieille électo-acoustique, que j’avais rencontré dans la KREIZ BREIZH AKADEMI 5, et Gaël MARTINEAU qui est un percussionniste issu lui-aussi de KBA.

Quand je prononce le terme KBA, on parle tout de suite de gammes non tempérées et de rythmiques bizarres. C’est cela, mais avec une tendance très rock et musiques actuelles.

Il y a plus de dix ans, tu jouais dans un groupe, que j’aimais beaucoup, qui s’appelait les NAbeaux, qui était plutôt électro. Pourquoi ne pas avoir continué ?

Jañlug : C’est un duo que j’avais avec Yves LEBLANC. On était tous les deux très occupés. Quand on pouvait tourner ensemble, on le faisait. Yves est un très grand voyageur. J’ai encore eu de nouvelles il n’y a pas longtemps, il rentrait de Sibérie. Il fait le tour du monde tout le temps. C’était un petit peu compliqué de se retrouver. C’était en plus à une époque où j’avais besoin de me replonger dans la langue. On ne vivait pas très loin l’un de l’autre en Haute-Bretagne et j’avais décidé de revenir m’installer ici en Basse-Bretagne pour remettre les mains dans le cambouis et dans le breton vannetais. Ça s’est arrêté un peu comme ça.

J’avais continué la musique électro. J’avais remonté un duo avec Stéphane HARDY qui est un sonneur de bombarde et de saxophone. Mais je recommencerai la musique électro, je pense.

Le groupe LUNCH NOAZH qui est aussi de la région lorientaise explore aussi les mêmes secteurs que DANS ER JEKO. Vous vous êtes déjà rencontrés ?

Jañlug : En fait, non ! On ne s’est pas croisés. Je suis très curieux donc je suis allé voir ce qu’ils faisaient. Je suis allé jeter une oreille du coté de LUNCH NOAZH mais on ne s’est pas rencontré.

Après le Festival Interceltique, vous avez d’autres projets ?

Jañlug : En ce qui me concerne, je vais prendre des vacances (rires). Pour l’instant c’est tout !

CD : An taol Siroko

Site : https://janlug.net/dans-er-jeko

CHAMPIONNAT DES BAGADOU

L’année 2018 fut compliquée. Pour une sombre histoire d’interprétation de thèmes soumis à des droits d’auteurs, le Championnat des Bagadou de première catégorie a été scindé en deux concours distincts (Brest et Lorient) sans qu’aucun champion ne soit officiellement déclaré au final.

Cette année 2019 a heureusement vu les choses revenir à la normale.

Aucun bagad n’étant descendu en deuxième catégorie, mais deux bagadou étant néanmoins montés, ce sont seize formations qui se sont présentées cette année au concours, le BAGAD KEMPERLE (Quimperlé) et le BAGAD BEUZEG AR C’HAB (Beuzec-Cap-Sizun) faisant l’impasse sur l’épreuve.

Lors de la première manche qui s’est déroulée en février à Brest, le BAGAD CAP CAVAL (Plomeur) est arrivé en tête devant la KERLENN PONDI (Pontivy) et le BAGAD KEMPER (Quimper).

Les trois ensembles se tenant à 0,13 points, l’épreuve de Lorient promettait un final disputé.

Le BAGAD CAP CAVAL est là-encore arrivé en tête devançant le BAGAD KEMPER et le BAGAD BRIEG (Briec).

Au final, c’est donc CAP CAVAL qui a été sacré une nouvelle fois champion, pour la cinquième année consécutive, devant le BAGAD KEMPER et la KERLENN PONDI.

Les bagadou PENHARS (Quimper) et QUIC-EN-GROIGNE (Saint Malo) qui se sont classé aux deux dernières places évolueront l’an prochain en deuxième catégorie tandis que le Bagad BRO KONK KERNE (Concarneau) rejoindra l’élite.

Site : https://www.bodadeg-ar-sonerion.org/

SOLDAT LOUIS

En 2018, le célèbre combo lorientais célébrait ses trente années d’existence, Suite à la parution fin 2017 de son huitième album studio, il entamait une tournée anniversaire qui faisait enfin halte dans son port d’attache. Si SOLDAT LOUIS tourne énormément, il se fait finalement assez rare chez lui et sa dernière apparition au FIL remontait à 2010.

Le public est venu en nombre souffler les bougies puisque le concert affichait complet, ce qui montrait un fier attachement des lorientais à leur groupe phare.

Après deux titres issus du dernier CD, Tout l’monde à bord et Trente Ans déjà qui respectivement accueillaient les spectateurs et dressaient le bilan de la carrière du groupe, c’est dès l’attaque de Savannah que le concert a véritablement été lancé avec un auditoire déjà en transe.

Dans une atmosphère surchauffée et un son très rock, SOLDAT LOUIS a balayé un très large panorama de ses trois décennies (Trop tard, Auprès de ma bande, Donnez-nous des bars) et n’avait plus qu’à dérouler les tubes.

L’instrumental Soldat Louis avec le renfort de sonneurs de cornemuses était repris par le public. Ce dernier connaissait les paroles des classiques par cœur (Tirer des caisses, Tonton Louis, Survivre en ennemis ou Encore un rhum chanté par Gary WICKNAM) et ne se privait pas pour accompagner le groupe.

Les titres récents, moins connus, suscitaient moins d’adhésion (Et boom la bombe, L’Écho du bayou).

Les très poignants Femmes de légendes ou Bobby Sands au magnifique final renforcé par les sonneurs de cornemuses, démontraient que SOLDAT LOUIS pouvaient s’échapper des chansons festives et évoquer des sujets plus sensibles. Dans une veine tout aussi vive, le polémique mais néanmoins salutaire C’est un pays a vu les Gwen ha du (drapeaux bretons) brandis.

Fils de Lorient, qui comme son nom l’indique est un véritable hymne à la ville morbihannaise, a également suscité l’exaltation.

Pour Pavillon noir, Serge DANET était au départ seul avec sa guitare simplement accompagné du public, puis les musiciens sont revenus.

Bien évidemment, le titre que tout le monde attendait, Du rhum des femmes, qui célébrait aussi ses trente années, a été offert dans un habillage complètement revisité, nettement plus rock’n’roll que la version originale, avec une introduction électro et soutenue ensuite par l’ensemble des cornemuses.

Une fois encore SOLDAT LOUIS a su enthousiasmer et régaler son auditoire.

CD : Quelques nouvelles du front

Site : https://fr-fr.facebook.com/SoldatLouisOfficiel/

CLARISSE LAVANANT

Clarisse LAVANANT est aujourd’hui une valeur sûre du paysage musical et culturel en Bretagne. Si elle s’est déjà produite au FIL, il s’agissait jusqu’à présent de spectacles dans lesquels elle partageait l’affiche (avec Dan AR BRAZ) ou bien pour lesquels elle intervenait en tant qu’invitée (TRI YANN).

En une dizaine d’albums, l’artiste s’est forgée une identité. Ses enregistrements bien qu’évoluant dans des univers différents, n’en possèdent pas moins une unité.

Programmée pour la première fois sous son seul nom, Clarisse avait la lourde tâche d’effectuer la première partie de Nolwenn LEROY. Elle était ce soir-là sobrement accompagnée par un trio de musiciens, Claude ZIGLER (mandoline, guitare), Yann HONORÉ (basse, flûte) et Philippe GUEVEL (claviers).

C’est par E kreiz an noz de Youenn GWERNIG que le concert a démarré. Clarisse a ensuite alterné des reprises, qu’elles soient traditionnelles (Son ar sistr) ou non, ainsi que des créations originales puisées dans son importante discographie.

Les connaisseurs retrouvaient la mélodie de The Broken Prayer de Dan AR BRAZ sur la chanson Parce que c’était toi. Interprétée a cappella, Sous ma peau rappelait dans ses propos la Chanson pour Pierrot de RENAUD mais du point de vue féminin cette fois-ci.

Mont davedoc’h était une version en breton du classique Amazing grace inclus dans un enchaînement de cantiques.

GLENMOR, à qui Clarisse a consacré trois albums, n’a pas été oublié et l’interprétation d’Apocalypse a été chaleureusement applaudie.

C’est après la chanson de Georges MOUSTAKI, Le Métèque, devenue en breton Termaji ar su que Clarisse a quitté la scène, esquissant quelques pas de sirtaki, devant un public debout.

Elle est ensuite revenue pour interpréter seule J’avais cinq enfants, une chanson sur la réunification de la Bretagne, qu’elle aimerait ne plus avoir besoin de chanter.

La prestation a été courte et laissait un goût de trop peu mais Clarisse LAVANANT a aisément convaincu un public qui en redemandait.

* Entretien avec Clarisse LAVANANT
Cette année, c’est ton premier passage au Festival Interceltique sous ton nom. Comme l’as-tu ressenti ?

Clarisse LAVANANT : Le premier mot qui me vient à l’esprit, c’est beaucoup d’émotion. C’était très émouvant d’être là et je sentais beaucoup de bienveillance de la part des gens. J’ai chanté quatre fois au Festival mais là, c’était plus personnel, c’est vrai, et c’est déjà un beau souvenir.

Tu t’es fait connaître grâce à la comédie musicale Les dix commandements. Comme es-tu venue à la musique bretonne et à la musique traditionnelle ?

Clarisse : Comment j’ai refait la route jusqu’à mes racines ?

En fait, j’avais sorti un premier album en 2001 de chansons françaises. Ce disque avait ensuite été sélectionné peu après pour les castings des Dix Commandements. Je suis arrivé dans la comédie musicale qui n’était pas mon univers. Je n’en avais jamais vues sauf peut-être Starmania. Ce n’était pas mon monde.

J’ai appris beaucoup de choses, justement parce que ce n’était pas mon univers, sans vendre mon âme au diable comme on dit. J’étais très jeune. On a fait un tour du monde, on est allé chanter un peu partout. J’ai appris la rigueur, l’endurance, la vie de troupes, à être plus patiente, plus ouverte aussi parce qu’on était de différentes origines et on vivait ensemble pendant des mois à l’autre bout du monde. Cela a été un vrai chemin à la fois artistique et personnel.

Le fait d’être partie loin, dans un autre univers, ça m’a vraiment donné envie de revenir. Quand je me suis retrouvée au Japon, je voyais des gens qui étaient attachés à leur culture et je me disais que moi aussi j’avais une culture, que je venais d’un pays. Le fait d’être partie loin m’a donné envie de revenir en Bretagne et j’ai rencontré Dan AR BRAZ qui a été le déclic de mon retour, musicalement aussi, puisqu’on a réalisé mon album Vers l’imaginaire en 2005 qui a été un premier pas vers le retour définitif.

Ensuite, il y a eu GLENMOR et là, ça a été les retrouvailles avec la langue bretonne et avec peut-être plus de, je ne sais pas si on peut dire, militantisme, mais d’identité en tout cas. J’ai eu l’impression de retrouver le pays de l’intérieur, sans m’enfermer.

Dan AR BRAZ et GLENMOR ont été les deux déclics qui m’ont donné envie de revenir pour de bon.

Tu as depuis fait paraître une dizaine de disques qui sont à chaque fois différents.

Clarisse : C’est vrai ! Ça correspond à des étapes, à des rencontres, à des moments de la vie où il se passe telle chose et on en fait un disque. C’est très différent et en même temps je trouve ça cohérent parce que ça fait partie de ce que je suis, de ce que j’ai envie de faire, de dire, de défendre. Mais effectivement, à chaque fois, c’est assez différent (rires).

C’est une thématique différente. Il y a eu les trois albums de GLENMOR, les comptines. Pour en revenir à GLENMOR, c’est étrange d’entendre ses textes qui sont parfois rugueux, parfois durs, avec une fois féminine.

Clarisse : Les gens me disent souvent, et je trouve ça très touchant, qu’ils ont redécouvert la poésie de GLENMOR. Étant une femme avec une voix… féminine, peut-être que du coup la poésie est moins rugueuse, forcément, puisqu’on n’a pas la même voix. GLENMOR était brut de décoffrage et c’est tout ce qui fait l’importance du personnage. L’intérêt était de proposer autre chose sans trahir cette poésie-là et essayer de la mettre la plus en avant possible. C’était très primordial, essentiel et intéressant à faire. GLENMOR, ce sont des chansons magnifiques, intemporelles, universelles, une langue magistrale, riche, en breton et en français.

Tu écris aussi tes textes, qui sont en plus de beaux textes. Qu’est-ce qui t’inspire ?

Clarisse : Je dirais que ça part toujours d’une émotion. Alors, ça peut être quelque chose de personnel ou de plus collectif comme J’avais cinq enfants sur la réunification de la Bretagne, mais j’ai essayé de le traiter de manière plus poétique aussi ; c’est une mère, la Bretagne, qui perd son enfant.

Qu’est ce qui m’inspire ? Ça peut être l’envie de graver les choses qu’on ne veut pas oublier. Si on en fait une chanson, on se dit qu’on n’oubliera pas qu’on a vécu ça et que c’est un bon souvenir.

Ça peut être l’envie de se libérer de quelque chose. À partir du moment où c’est une chanson, une peine ou autre chose, est partagée sur du papier, elle est partagée avec les autres. C’est moins lourd à porter.

Ça peut être l’envie de réaliser des rêves. Quand on écrit, on part un peu en voyage.

C’est très divers mais c’est la vie, l’encrier de la vie.

Il y a une chose qui apparaît aussi de plus en plus, ces textes sont en breton maintenant.

Clarisse : A Lorient, même si ce n’était pas un concert entier, c’était moitié en français, moitié en breton. J’ai appris le breton il y a quelques années et ça fait maintenant partie de ma vie quotidienne. J’ai l’impression d’avoir un terrain de création. J’ai plus de mots pour dire les choses, plus d’images. Je peux choisir. Je me sens beaucoup plus complète. La langue bretonne m’a beaucoup apportée, que ce soit pour la création de chansons et pour la vie personnelle. C’est quelque chose qui m’a beaucoup équilibrée aussi.

On verra donc davantage de textes en breton et pourquoi pas un album entier en breton ?

Clarisse : J’ai déjà écrit un album de chansons tout en breton que je n’ai pas encore sorti parce que j’ai sorti les Kantikou Breizh il y a même pas un an. Là je suis en train d’enregistrer un disque autour des chansons d’auteurs de Bretagne, donc plutôt en français, mais il y aura des chansons en breton, que ce soit de Louis CAPART, Claude BESSON, François BUDET ou Manu LANNHUEL. Tous ces gens importants qui m’ont nourrie, qui ont nourri mon écriture, mon envie d’écrire des chansons, des gens que je connais pour la plupart et avec qui j’ai partagé de bons moments. Je suis donc en train d’enregistrer ce disque et du coup, le mien tout en breton est un peu reporté. J’aimerais bien tous les faire en même temps, mais je suis obligée d’attendre quelques mois entre chaque.

On parlait de tes albums différents. Ton dernier CD en date est un album de cantiques. Pourquoi ce choix ?

Clarisse : Il n’y en avait pas eu depuis longtemps !

Beaucoup de cantiques sont souvent chantés par des chorales donc à plusieurs voix. Je chante dans les chapelles depuis dix ans. Quand je suis revenue en Bretagne, c’était une façon après Les dix commandements qui était un grand spectacle avec plein de monde, de me retrouver toute seule dans une petite chapelle avec des gens tout près que je pouvais voir. Ça m’a fait du bien de retrouver ce côté proche sans aucun artifice. C’est assez extrême.

Et puis, les gens m’ont appris des cantiques, même des gens pas forcément croyants d’ailleurs mais qui sont attachés à un lieu, un patrimoine et donc au cantique qui y est attaché. Petit à petit, j’ai commencé à en apprendre et comme j’apprenais le breton en même temps, ça m’a aidé à le faire. Au bout du compte, j’ai eu une dizaine de cantiques, même plus, que je connaissais et je me suis dit que j’allais les enregistrer.

Sur cet album, tu reprends deux hymnes, Amazing Grace, en breton, et Bro gozh ma Zadoù.

Clarisse : L’hymne breton n’est pas un cantique à proprement parler mais ça dépasse toutes les catégories donc on peut l’inclure. Amazing Grace est chanté dans le monde entier. Là, c’est la version bretonne, Mont davedoc’h. Ce sont deux chants très connus, dans le sens qu’ils ont été transmis et qu’ils viennent de loin. Quand on entonne ces chants, on a l’impression que les pierres vous répondent.

Plus surprenante est cette reprise en breton de L’envie d’aimer.

Clarisse : Oui, c’est vrai ! Je ne sais plus comment c’est venu. Voilà, ça fait partie de mon histoire. Les Dix Commandements, ça reste quand même dans le thème des cantiques, même si L’Envie d’aimer n’en est pas un. Mais c’est un chant fédérateur. Il parait qu’on l’utilise beaucoup dans les mariages aujourd’hui. Alors je me suis dit que si je le chantais en breton, ça ferait comme une nouvelle chanson tout en étant quand même la chanson qu’on connaît. C’était apporter sa petite touche.

Lionel FLORENCE, Patrice GUIRAO et Pascal OBISPO ont-ils entendu cette version et, si oui, qu’en ont-ils pensé ?

Clarisse : Je ne sais pas s’ils l’ont entendue en fait (rires) ! J’espère qu’ils seraient heureux. Elle a été chantée en anglais, en italien, en japonais, en coréen. Le fait qu’elle soit chantée en breton, je trouvais que ça s’y prêtait bien.

Tu as aussi eu droit à un livre qui t’est consacré.

Clarisse : Il y a deux ans. C’est Gérard CLASSE qui est journaliste-auteur qui me l’a proposé. C’est assez émouvant d’être encore assez jeune et de se dire qu’on écrit un livre mais en fait il reste normalement presque la moitié encore à écrire. Enfin j’espère (rires) !

Il avait envie d’écrire ce parcours parce qu’il y a eu plein de choses différentes, pas de vies différentes mais presque, des univers très différents entre Les dix commandements, la chanson française, BREL, BRASSENS, FERRÉ, avec laquelle j’ai démarré, ensuite le retour aux sources avec GLENMOR, la langue bretonne. C’était le témoignage d’une chanteuse contemporaine qui raconte un peu son parcours avec plein de rencontres.

Je suis personnellement fan de RENAUD et il y a une chanson où tu parlais de la maternité qui me fait penser à Chanson pour Pierrot. Tu as voulu faire le pendant féminin de cette chanson ou c’était involontaire ?

Clarisse : Pour dire la vérité, j’ai découvert la chanson de RENAUD après avoir écrit la mienne. C’est une chanson que j’ai écrite il y a une dizaine d’années même si celle de RENAUD est bien antérieure. Effectivement, il y a des résonances. C’est assez troublant.

Peux-tu nous présenter les musiciens qui t’accompagnaient ?

Clarisse : Il y avait Claude ZIGLER qui fait partie des SONERIEN DU, qui joue de la mandoline et de la guitare, Yann HONORÉ, qui a fait partie de GLAZ, qui joue du cello bass, de la basse et du low whistle, et Philippe GUEVEL aux claviers avec qui je travaille beaucoup puisqu’il a réalisé tous les derniers albums que j’ai faits. C’est un peu, je dirais, mon frère de musique puisqu’on se comprend vraiment. C’est un grand arrangeur. On n’a même pas besoin de parler, je n’ai pas besoin de lui dire ce que je veux, quand il le fait, c’est exactement ce que je voulais et ce que j’entendais. C’est une chance de l’avoir.

Tu tournes aussi en duo avec Dan AR BRAZ. C’est une formation ponctuelle ou est-elle vouée à se pérenniser et pourquoi pas à voir venir un deuxième album.

Clarisse : C’est un duo qu’on a créé en 2011 qui en fait est né en 2010, au Festival Interceltique. C’était un projet particulier, Les Comptines celtiques et d’ailleurs. C’était plutôt pour les enfants. Comme ça c’était bien passé, ça nous a donné envie.

On travaillait déjà ensemble mais sur disque et sur la création de chansons. Là c’était notre premier spectacle vraiment ensemble, on s’est dit qu’on pourrait très bien le faire avec nos autres chansons, nos chansons pour les grands aussi. En 2011 est né le duo qui est devenu maintenant un trio avec David LE PORH et qui tourne bien depuis pas mal d’années désormais. On se connaît bien donc il y a une complicité et des chansons communes.

L’album Harmonie est né après ces spectacles il y a deux ans. Ça donne envie de refaire un album mais c’est difficile dans le planning parce que Dan enregistre un nouvel album en ce moment et moi j’en sors aussi pas mal. C’est pour ça qu’on avait mis du temps à faire Harmonie, parce qu’on avait eu du mal à trouver un créneau où chacun serait libre.

Je n’exclus pas un deuxième album, ce serait bien !

CD : Kantikoù Breizh

Site : https://clarisselavanant.wixsite.com/site-officiel

Un grand merci à Yvonnick de la Coop Breizh de Lorient pour sa disponibilité.

NOLWENN LEROY

En 2010, Nolwenn LEROY a fait paraître l’album Bretonne, qui lui a valu énormément de critiques (souvent justifiées, parfois injustes) de la part des milieux culturels bretons mais également un succès public incontestable, bien au-delà des frontières de la Bretagne. Cet album réunissait pour une large part des reprises de standards bretons et celtiques très proches des versions déjà popularisées par leurs interprètes principaux. Un nouvel opus, Ô filles de l’eau, comportant cette fois des chansons originales, a suivi en 2012. Forte de ces deux disques, Nolwenn s’est vue programmée au Festival Interceltique l’année suivante.

Depuis, les influences celtiques se sont estompées et les deux derniers albums de Nolwenn parus respectivement il y a deux et un an ont confirmé cette orientation.

Le retour de la chanteuse au FIL pouvait donc laisser dubitatif quant au contenu du concert. Ce rendez-vous lorientais se déroulait dans le cadre de la tournée Folk, du nom du dernier opus qui propose des reprises issues pour la plupart du répertoire français des années 70, voire 80, réinterprétées façon folk. Le terme folk était d’ailleurs présent en grosses lettres sur la scène.

À l’image du disque, le début du concert était plutôt plat. Les interprétations n’apportaient rien de plus aux chansons (On est comme on est de Renaud DETRESSAN, Diabolo Menthe de Yves SIMON, Ma petite fille de rêve de Jean-Michel CARADEC) et faisaient regretter les versions originales.

Et puis est arrivée Marion les roses, pour le coup la seule chanson vraiment folk de l’album, qui fut là une véritable surprise. En effet, présentée dans une version très éloignée de celle du groupe MALICORNE qui l’a popularisé il y a quarante-cinq ans, la chanson bénéficiait d’arrangements très réussis.

On se prenait dès lors à regretter que Nolwenn n’ait finalement pas repris que des chansons typiquement folk ou n’ait pas appliqué le même traitement à son album Bretonne.

L’arrivé de Robert LE GALL (violon) et de Kevin CAMUS (cornemuse irlandaise, flûte) nous a d’ailleurs replongé dans cette époque. Tri Martolod, La Jument de Michao ou encore une jig irlandaise, pour laquelle Nolwenn et Robert officiaient tout deux au violon, ont soudainement déchaîné un public qui n’attendait que cela pour s’enflammer. Si Whisky in the jar ressemblait plus à une comptine pour enfants et perdait son côté rugueux, 6e Continent, Juste pour me souvenir et surtout Je ne serai jamais ta parisienne, écrite par Christophe MIOSSEC et Didier SQUIBAN, au subtil accompagnement (guitare, cornemuse irlandaise) étaient nettement plus convaincants. Les reprises de Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai de Francis CABREL, de So far away from L.A. de Nicolas PEYRAC et de La Rua Madureira de Nino FERRER furent tout aussi éloquentes. L’interprétation risquée mais réussie de Jig of Life de Kate BUSH fut également une belle surprise.

L’ensemble du concert était inégal. Nolwenn LEROY minaudait toujours autant, ce qui la rendait fortement agaçante. Elle manquait parfois de souffle mais heureusement elle avait la chance d’être accompagnée par d’excellents musiciens (avec une mention particulière pour le batteur et la harpiste et choriste). Il faut cependant être juste et reconnaître que le spectacle n’était ni mauvais, ni honteux et qu’il a fait passer un agréable moment.

CD : Folk

Site : http://nolwennleroy.com/

GRANDE NUIT DE LA GALICE

Les artistes Galiciens se sont produits tout au long des dix jours sur les différentes scènes du FIL ainsi qu’au sein de leur pavillon. Cependant, il y a une soirée qui chaque année retient l’attention et pour laquelle les artistes retiennent leur souffle, c’est la Grande Nuit du pays mis à l’honneur.

En 2018, le Pays de Galles avait frappé très fort avec la création proposée par le collectif PENDEVIG. La Galice avait donc le challenge de proposer une création originale en essayant de faire tout aussi bien.

La Grande Nuit de la Galice était scindée en deux parties.

La première partie proposait de découvrir deux formations traditionnelles, Xosé Lois ROMERO & ALIBORIA suivi de TIRULEQUE.

Xosé Lois ROMERO est un accordéoniste et surtout une percussionniste très impliqué dans la musique folk. Il a accompagné nombres de musiciens parmi les plus connus de la scène galicienne (Mercedes PEON, Susana SEIVANE, ou Xosé Manuel BUDIŇO). Il s’est associé avec le groupe ALIBORIA pour former ce collectif de six chanteuses et quatre percussionnistes.

Les chanteuses alternaient les chants à répondre et les chants polyphoniques et s’accompagnaient elles aussi de diverses percussions allant des plus traditionnelles au plus originales (boites de conserves, boules de pin, coquilles saint jacques).

TIRULEQUE est un groupe de sept musiciens, dont certains multi-instrumentistes, associant différentes combinaisons (contrebasse, accordéon, saxophone, percussions, trompette, gaïta, clarinette et chant). Le groupe interprétait sans fioritures des airs et des chants issus du collectage dans le but de faire danser le public.

La seconde partie de la soirée proposait la création Le Chemin de Breogan qui tire son nom du mythique roi de Galice dont on peut admirer l’imposante statue dans la capitale galicienne, La Corogne.

Il s’agissait pour l’occasion d’une œuvre visant à rendre hommage aux musiciens qui ont permis la préservation des instruments et des mélodies. Cette création associait musique symphonique et musique traditionnelle galicienne. Construite autour de l’orchestre de LA BANDA MUNICIPAL DE SILLEDA, l’entreprise accueillait la BANDA DE GAITAS DE FORCAREI ainsi que plusieurs solistes intervenant au gré des différentes pièces, Abraham CUPEIRO (carnyx, gaïta), José Manuel LOPEZ (flûte, gaïta) Pablo SEOANE (gaïta), Begoña LORENZO (chant) Suso VAAMONDE (vielle, carnyx). Le cœur féminin BOUBA était de la même veine qu’ALIBORIA.

On a pu reconnaître des airs familiers comme Marcha do Entrelazado de Allariz (popularisé par Carlos NUÑEZ) ou encore Guadalupe, l’hymne officieux de la Galice.

Le final fut absolument grandiose. Abraham CUPEIRO et Suso VAAMONDE jouaient face à face en brandissant leur carnyx avant que la BANDA MUNICIPAL DE SILLEDA ne revienne progressivement dans la partie.

Tous les participants se sont enfin retrouvés sur scène pour reprendre un classique, Muineira De Chantada, que tant de musiciens (Carlos NUÑEZ, MILLADOIRO) ont interprété.

Le Chemin de Breogan n’a pas encore été gravé sur disque. Il reste à espérer que ce manque soit rapidement comblé.

Xosé Lois ROMERO & ALIBORIA

CD : Xosé Lois ROMERO & ALIBORIA

Site : http://www.xoseloisromero.com/aliboria

TIRULEQUE

CD : Outro que tal baila

Site : https://tiruleque.wixsite.com/tirulequegal

GORAN BREGOVIć

C’est désormais devenu une tradition, lors de chaque édition depuis 2015, L’ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE BRETAGNE (OSB) est invité à se produire en compagnie d’un ou de plusieurs artistes tout aussi renommé(s). Jusqu’à présent, l’OSB partageait l’affiche avec des artistes naviguant de près ou de loin dans l’univers celtique. Cette année, changement de cap puisque c’est le musicien serbo-croate GORAN BREGOVIC qui était convié.

Il ne s’agissait pas de la première prestation du musicien à Lorient. En effet Goran BREGOVIC était de retour au FIL dix ans après son précédent passage. Il venait cette fois présenter son dernier opus, Three Letters From Sarajevo (Trois lettres de Sarajevo), composé en hommage à sa ville natale, la capitale de la Bosnie-Herzégovine, avec le souvenir que cette ville était autrefois un lieu de paix ou chrétiens, juifs et musulmans coexistaient pacifiquement jusqu’à l’effritement de la Yougoslavie.

Outre l’OSB, Goran était accompagné de son ORCHESTRE DES MARIAGES ET DES ENTERREMENTS unissant les cuivres et les percussions balkaniques, de chanteurs et chanteuses ainsi que de trois violonistes virtuoses représentant respectivement chacune des communautés religieuses citées précédemment, Mirjana NESKOVIC, Gershon LEIZERSON et Zied ZOUARI.

À l’image du message que Goran BREGOVIC voulait porter, l’osmose entre les différents participants était parfaite. La musique était empreinte de solennité oscillant entre classique et traditions klezmers, ou orientales. Mais l’œuvre ne se voulant en aucun cas triste, des moments plus enjoués se faisaient entendre.

Les titres phares des films d’Emir KUSTURICA, Ederlezi (Le temps des gitans) et In the Death Car (Arizona Dream) pour lesquels Goran a composé les bandes originales, n’ont pas été oubliés. Pour ce dernier titre, Goran assurant le chant en lieu et place d’Iggy POP et le public donnait de la voix en reprenant le thème. Kalašnjikov que l’on pouvait entre dans le film Underground du même KUSTURICA a provoqué un véritable délire dans la salle, tout comme l’hymne révolutionnaire Bella Ciao, extrait de l’album Champagne for Gypsies. Des spectateurs pogotaient sur le devant de la scène, ce qui donnait un aspect surréaliste compte tenu de la présence d’un orchestre symphonique.

Goran BREGOVIC a su viser juste pour cette soirée qui se démarquait du reste de la programmation.

CD : Three Letters From Sarajevo

Site : http://www.goranbregovic.rs/

MILLADOIRO

En 2018, MILLADOIRO a célébré ses quarante ans d’existence. Le groupe est à l’origine du renouveau du folk galicien et est également l’instigateur de nombreuses vocations. Il a longtemps été comparé aux CHIEFTAINS dont la démarche fut similaire avec la musique irlandaise. Cependant, si cette comparaison doit subsister encore aujourd’hui, elle doit être synonyme de longévité et de savoir-faire.

Il paraissait donc somme toute logique que le groupe soit convié l’année où leur pays était mis à l’honneur.

MILLADOIRO est aujourd’hui un sextet composé de trois des membres fondateurs Xosé V. Ferreirós (gaïta, cornemuse irlandaise, mandoline, bouzouki, chant, percussions) et Nando Casal (flûtes, clarinette, gaïta, chant, percussions) ainsi que de Moncho García Rei (bodhran), Manu Riveiro (accordéon, claviers), Manú CONDE (guitares) et Harry.c (violon).

Le répertoire était pour une large part instrumental et, si on excepte quelques nappes de claviers, strictement acoustique. Xosé et Nando étant multi-instrumentistes, cela permettait de varier les ambiances et de proposer différentes combinaisons. La gaïta et la cornemuse irlandaise pouvaient se répondre au sein d’un même titre pour mieux s’unir ensuite. MILLADOIRO nous conduisait parfois jusqu’en Irlande. Le violon quant à lui prenait par moments des accents tziganes.

Le titre Terranova, extrait du dernier album en date paru en l’an dernier, ayant été choisi pour illustrer le clip de présentation du FIL 2019, les musiciens n’ont pas manqué de l’interpréter.

Pour le final, c’est à un standard que le public a eu droit, Aires de Pontevedra, qu’on a pu entre autres entendre dans l’HÉRITAGE DES CELTES, joué alors par Carlos NUÑEZ.

MILLADOIRO était très appliqué, très concentré. Il a juste manqué d’un peu de relâchement et de folie pour faire vraiment décoller la prestation.

CD : Atlántico

Site : https://milladoiro.gal/

CECILE CORBEL

Programmé l’après-midi, le Concert pour Celtes en devenir s’adresse plus particulièrement à un (très) jeune public. Cécile CORBEL est une habituée de ce concept puisqu’elle y était conviée pour la quatrième fois. Si la notion de l’enfance est très présente dans son œuvre, cette année ce thème résonnait davantage suite à la parution d’un album entièrement dédié à ce concept.

Accompagnée de cinq remarquables musiciens où les claviers, les percussions et les cordes (guitare, violon et violoncelle) côtoyaient celles de sa harpe, Cécile a invité le public à se balader, comme elle l’a précisé, sous les ailes du vent dans un répertoire entre émotion et voyage, réel et imaginaire, contant entre autres des histoires de bateaux en mer ou d’un petit fantôme.

Cécile est très populaire au Japon depuis la bande originale du film d’animation des célèbres studios GHIBLI, Arriéty le petit monde des chapardeurs, qu’elle a composée. Elle ne s’est donc pas privée d’en interpréter, en français, la chanson principale tout comme elle a repris, cette fois en japonais, les chansons des films La Colline aux Coquelicots (Sayonara no Natsu) ou Mon voisin Totoro (Tonari no Totoro).

* Entretien avec Cécile CORBEL
Cécile, tu te produis au FIL dans le cadre du Concert pour Celtes en devenir avec un spectacle sur l’enfance qui fait suite à la sortie de ton album Enfants du vent. Comment est né ce projet ?

Cécile CORBEL : C’était une envie que j’avais de faire un album sur le thème de l’enfance et cette envie vient de mon public. J’ai un public qui est super, qui est intergénérationnel, je le constate chaque fois. Il y a des tous petits, des bébés même, des enfants de quatre ans, des ados, des parents et même des grands-parents. Ce public-là, il est précieux pour moi et j’avais envie de faire un disque qui relie tous ces gens. C’est aussi un disque qui est un peu égoïste parce que depuis trois ans, je suis devenue maman donc il y avait aussi cette envie par rapport à mon petit garçon et une inspiration renouvelée par rapport au thème de la maternité et des petits bout d’choux. Ce disque est né de ces deux raisons-là.

Le thème de l’enfance est déjà présent dans tes précédents disques.

Cécile : J’ai envie de dire que dans mes disques, le fil conducteur a toujours été l’imaginaire et les histoires. Évidemment, ça parle aux plus petits et à ceux qui ont gardé cette envie de rêver, donc beaucoup de gens finalement.

Cet album, comme les précédents, part de Bretagne, mais on fait aussi un peu le tour du monde.

Cécile : C’est un peu un patchwork et comme mes disques précédents, je n’arrive pas à rester cantonner dans un genre très fermé et ça part peut-être un peu trop dans tous les sens mais moi j’aime bien ! On se balade au Japon, on va chez les amis du Québec. Il y a des sonorités plus irlandaises, bretonnes bien sûr, celtes et des paysages sonores, au gré de mon imagination, plus nordiques ou islandais. J’aime bien me promener.

Sur cet album, tu as invité deux chanteuses, Natasha ST PIER et Misaki IWASA. Comment les as-tu rencontrées et est-ce qu’elles te connaissaient ?

Cécile : Avec Natasha, on avait eu la chance de chanter en duo pour une émission de télé. Le duo était complètement préfabriqué parce qu’on ne se connaissait pas avant, mais il se trouve que c’est quelque chose qui va bien avec sa personnalité et sa voix. Donc quand j’ai enregistré l’album, j’avais cette chanson qui est connue au Québec, là d’où elle vient, et en France qui est V’la l’bon vent. J’ai soumis l’idée à la maison de disque et puis à elle qui a accepté puisque c’est une chanson qui l’a accompagnée enfant aussi. Moi, c’était la même chose donc le duo était vraiment évident.

Quant à Misaki IWASA, on s’est rencontrées à Japan Expo qui est le grand évènement autour de la culture japonaise en France. C’est pareil, elle a un timbre de voix qui complétait vraiment ma voix de façon intéressante. C’est une chanteuse qui vient de la pop et qui maintenant chante du enka qui est un genre traditionnel. Quelque part, je me retrouvais aussi en elle parce qu’elle a été dans plein de style musicaux et pourtant ce qu’elle fait est assez cohérent et j’aime beaucoup.

Le Japon est aussi un pays très important pour toi depuis une dizaine d’années.

Cécile : Depuis dix ans, j’ai une histoire d’amour avec ce pays. J’ai écrit la musique d’un film qui a été vu par des millions de personnes là-bas et même dans le monde, Arriéty le petit monde des chapardeurs. C’est un film et une musique qui sont très importants pour moi. J’ai la chance de pouvoir y retourner régulièrement. En mai dernier, j’ai joué devant des fans à Tokyo et Osaka.

Tu fais partie de ces artistes bretons qui tournent beaucoup à l’étranger. Comment le public perçoit-il ta musique ?

Cécile : Dès le début de mon parcours de musicienne, même lorsque je n’étais pas du tout connue, j’ai eu la chance de voyager. C’est le pouvoir magique de la musique celtique, elle peut traverser les frontières et les cultures. J’ai des souvenirs de concerts en Estonie ou en Pologne où ce n’est à priori pas la culture locale et pourtant, bien que les gens ne comprenaient pas ce que je chantais, il y avait un partage qui était évident. Ça, je l’ai ressenti partout dans le monde que ce soit en Asie, aux États-Unis évidemment parce qu’ils ont la culture irlandaise qui est chevillée au corps, et même en Amérique du Sud. Ce sont des mélodies, des harmonies qui traversent les frontières.

Ton instrument, c’est la harpe celtique. Comment l’as-tu découvert ?

Cécile : Je crois que c’est en grande partie par ma naissance tout au bout du Finistère où la harpe était un instrument pas si exotique que ça il y a quelques années déjà, donc on pouvait en entendre, en voir et l’apprendre dans les écoles de musique. Maintenant, c’est devenu encore plus populaire, mais je crois que c’est le fait d’avoir grandi en Bretagne et puis l’écoute des premiers vinyles chez mes parents d’Alan STIVELL qui m’ont fait tomber en amour non seulement pour la harpe mais pour l’univers celte en général.

Tu as aussi autour de toi d’excellents musiciens. Peux-tu nous les présenter ?

Cécile : J’ai beaucoup de chance parce que sur scène et en studio, j’ai une équipe qui est vraiment chouette et surtout qui est fidèle depuis longtemps, avec parfois des nouveaux venus, mais il y a une belle histoire qui se tisse entre nous. Ils jouent tous sur l’album.

À la guitare, il y a Gaedic CHAMBRIER qui est un virtuose de toutes sortes de guitares. Il a aussi son spectacle à lui qui s’appelle Histoires de guitares où il traverse l’histoire de la guitare selon les continents et les siècles.

Christophe PIOT aux percussions est un musicien nantais qui a aussi un beau projet à lui qui s’appelle ELECTROPLUME qui est assez éclectique et très fin dans son style de jeu.

Benoît VOLANT au violon s’est fait connaître dans POPPY SEEDS qui est un groupe de trad irlandais qui est plutôt au top et Julien GRATTARD est un violoncelliste très éclectique parce qu’il peut aussi bien jouer en orchestre, avec des musiciens de pop ou avec moi. J’aime beaucoup son jeu.

Et puis le dernier est Simon CABY qui partage ma vie à la scène et à la ville. Cela fait plus de dix ans qu’on travaille ensemble. Il co-compose, il réalise mes albums et depuis peu, il est sorti de l’ombre parce qu’il est sur scène avec nous.

Ce n’est pas un reproche mais à la différence de nombreux musiciens qui se taisent, tu parles beaucoup durant tes concerts, tu aimes bien expliquer tes chansons.

Cécile : Pour moi, quand je suis spectatrice d’un concert, la musique me fait voyager, c’est sûr, mais j’aime aussi qu’on me prenne par la main, surtout quand les chansons racontent des choses. Il y a donc ce rôle de conteuse que je me suis un peu créé au fil des ans, presque malgré moi, et dans lequel je prends beaucoup de plaisir à prendre les gens par la main et à les entraîner dans un récit, comme si j’ouvrais le chemin vers l’imaginaire de la chanson qui va suivre. Parfois, c’est vrai, il y a de longs moments où je raconte des choses (rires).

Tu chantes dans plusieurs langues dont le breton et le japonais. Tu as appris ces langues ?

Cécile : Le breton, je ne l’ai pas appris enfant. Ma grand-mère le parlait, mais elle ne l’a pas parlé à ses enfants. J’ai pris des cours, mais je suis loin d’être bilingue. Je peux m’en sortir pour comprendre de quoi on parle dans une conversation, mais je ne peux pas répondre. Par contre, je le chante et je l’espère pas trop mal.

Le japonais, c’est un peu la même chose. A force d’aller au Japon, il y a beaucoup de mots que je connais et reconnais dans la rue. Je peux m’en sortir avec des formules de politesse. Mais je ne le parle pas couramment. Je le chante en le prononçant j’espère très bien (rires).

Tu es présente au Festival cette année pour une toute autre chose : tu as composé la musique du défilé de Pascal JAOUEN.

Cécile : Pascal JAOUEN est quelqu’un que j’admire beaucoup parce que dans un métier qui est finalement éloigné de la musique, il brille comme une star. C’est vraiment un couturier, un créateur, un brodeur qui a élevé ce qu’il fait au rang d’art et de spectacle parce qu’à chaque fois qu’il présente une collection, elle existe aussi sur scène. On se connaît depuis maintenant cinq ou six ans. Il m’avait créé une tenue.

Quand il m’a proposé de créer la musique de son défilé, c’était un peu un challenge parce que je ne pouvais pas partir sur des chansons ou des choses que je fais habituellement. Même par rapport aux musiques de films, c’est un exercice différent.

Là, je suis donc sortie de ma zone de confort en créant quelque chose qui m’a beaucoup amusée parce qu’il n’y a pas de harpe. Il y a ma voix mais surtout des choses très percussives, très rythmées, pour accompagner le pas des mannequins. Il y a aussi de la danse dans le spectacle.

Je suis assez contente du résultat. Cela plaît bien pour l’instant et je crois que cela a plu à Pascal. C’était une aventure très chouette.

Tu savais, avant de commencer à composer, à quoi allait ressembler la collection ou tu es partie de rien ?

Cécile : La collection de vêtements était assez secrète parce qu’ils ont créé et brodé au fur et à mesure. Mais j’avais un fil conducteur. Le thème de la collection est un chemin entre la pointe de la Bretagne et Saint Jacques de Compostelle. Le parcours des vêtements et des mannequins est jalonné par les régions qu’ils traversent symboliquement, un peu comme un pèlerin. On peut voir un peu de mystique là-dedans, mais ce n’est pas forcément un chemin mystique, c’est un périple et donc chaque escale donnait prétexte à créer quelque chose de différent musicalement. Aussi, je me suis laissée guider par les régions traversées, par quelques mots clés et un récit de Pascal. Mais je n’avais vu aucune tenue avant le jour J.

Quels sont les instruments présents sur cette bande originale ?

Cécile : Sur la bande son, il y a beaucoup de voix féminines, la mienne avec des cœurs, des choses un peu incantatoires, mystiques pour rappeler ce pèlerinage. Il y a des sons de cloches qui viennent de façon récurrente rythmer les choses, beaucoup de percussions “ethniques” diverses et variées. Région par région, on retrouve des instruments qui vont rappeler les racines, les terroirs qu’on traverse. Évidemment, il y a de la bombarde. En Galice, il y a une petite flûte très légère qu’on trouve aussi dans les Asturies. J’ai mis des jalons comme cela. Tout est recouvert d’un petit manteau de sons modernes parce que je ne voulais pas faire une bande-son traditionnelle donc il y a une touche d’électro et de choses plus inattendues dans ma musique. Je me suis beaucoup amusée.

Il y aura une version CD de cette bande son ?

Cécile : Oh, je pense que c’est un peu tôt pour envisager ça ! On pourra peut-être la mettre en ligne pour que les gens l’écoutent. On va d’abord laisser vivre la collection sur scène et on verra après.

Le CD Enfant du vent est encore récent. As-tu malgré tout de nouveaux projets en tête ?

Cécile : C’est trop tôt ! Après chaque album, il y a toujours une petite période où on croit qu’on n’a plus d’inspiration parce qu’il faut laisser retomber. Là, ça va être la scène qui va prendre beaucoup de place et l’inspiration, on verra quand elle reviendra. Mais il ne faut pas vouloir enchaîner trop tôt, ça ne marche pas cela !

CD : Enfant du Vent

Site : http://www.cecile-corbel.com/

NOGOOD BOYO

NOGOOD BOYO est un personnage de la pièce de théâtre radiophonique Under Milk Wood (Au bois lacté) écrite par l’écrivain et poète gallois Dylan THOMAS. C’est aussi depuis trois ans, le nom d’un groupe de folk-rock gallois. Si le personnage de la pièce était un être un peu lâche et mystérieux, littéralement un bon à rien, ce n’est pas fort heureusement pas le cas du groupe.

NOGOOD BOYO avait été créé dans le but de venir jouer au Festival Interceltique ce qui fut fait au sein du pavillon gallois. L’an dernier, le groupe s’est fait remarquer dans ce même pavillon alors que le Pays de Galles était à l’honneur. Cette année, la formation est restée fidèle à ce lieu, mais elle a aussi bénéficié d’une exposition plus conséquente (Quai de la Bretagne, Après-midi du folk au Palais des Congrès) et sa venue coïncidait avec la parution du premier album longue durée,

Le groupe est emmené par la charismatique Bethan RHIANNON (accordéon et chant) qui officie également au sein de CALAN et de PENDEVIG. À ses côtés, les quatre musiciens (violon, contrebasse-flûtes, guitare, batterie) venant aussi bien du rock que de la musique traditionnelle (VRI, ELFEN).

Les membres de NOGOOD BOYO reprenaient des airs anciens et les interprétaient de manière plus moderne. Si les cordes étaient très présentes, la batterie n’était pas en reste et elle cognait parfois vigoureusement, tout en évitant néanmoins de dénaturer l’ensemble.

Tout comme elle affectionne de le faire avec CALAN, Bethan ne résistait pas à l’appel de la danse et exécutait quelques pas de claquettes.

Cerise sur le gâteau, NOGOOD BOYO s’est présenté au Trophée Loïc RAISON, le concours ouvert à tous les groupes présents au FIL et l’a remporté. Il devrait donc en toute logique être à nouveau présent l’an prochain.

CD : EOFN

Site : https://fr-fr.facebook.com/NoGoodBoyoBand/

Rubén ALBA

Rubén ALBA est un joueur de gaïta asturien réputé. Il a remporté de nombreux concours dont le célèbre et prestigieux trophée Macallan au Festival Interceltique en 2002 et 2006. Il a participé à plusieurs formations dont la Banda de gaitas TABLADAR d’Aviles et collaboré avec de prestigieux artistes de la scène celtique (Carlos NUÑEZ, GWENDAL).

Au printemps 2018, il a enfin fait paraître un premier album sous son nom.

C’est un véritable groupe qui s’est présenté sur les différentes scènes du Festival au Palais des Congrès comme sur le Quai de la Bretagne. Ruben ALBA était accompagné de six remarquables musiciens (basse, batterie, guitare acoustique, guitare électrique, claviers, accordéon). On a ainsi pu retrouver à l’accordéon Marcos GARCIA qui en 2016 avait lui-même brillé avec son spectacle Errai.

Le répertoire se colorait de multiples influences, pop, rock, jazz et bien évidemment traditionnelles reflétant le parcours musical de Ruben depuis une vingtaine d’années. Les titres démarraient lentement au doux son de la gaïta puis la rythmique implacable se mettait en route emportant les spectateurs dans un tourbillon sonore.

La complicité qui unissait les musiciens était manifeste et le concert prenait une tournure parfois iconoclaste quand les protagonistes osaient une reprise de Thunderstruck d’AC/DC en intro au titre La luz.

Si elle n’avait rien de révolutionnaire, la musique de Ruben ALBA n’en demeurait pas moins plaisante et élégante.

CD : Despertar

Site : https://fr-fr.facebook.com/rubenalbagaitero/

CARLOS NUÑEZ

S’il est un événement qui était très attendu, c’était bien celui-ci ! Le concert de Carlos NUÑEZ affichait d’ailleurs complet des semaines avant le démarrage du Festival 2019.

Lors de son dernier passage en 2015, Carlos avait partagé l’affiche avec l’ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE BRETAGNE pour un concert de très haute tenue, plus sobre qu’à l’accoutumée. En cette année de la Galice, il semblait imparable que soit à nouveau programmé le musicien galicien le plus connu.

Hormis deux compilations, Carlos NUÑEZ n’a pas fait paraître d’album depuis Alborada Do Brasil il y a dix ans. Depuis, outre des concerts à travers le monde, Carlos s’est aussi concentré à effectuer des recherches sur la musique et les instruments celtiques. C’est le résultat de ce travail que le musicien souhaitait montrer au public. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le spectacle fut à la hauteur des attentes et a ravi les spectateurs. Tout à la fois confuse, émouvante, grandiloquente, captivante et passionnante, la représentation a raconté l’histoire de cette musique celtique, prouvant qu’elle n’était en aucun cas une invention récente mais bien une musique enracinée et plusieurs fois millénaire.

Accompagné de ses fidèles musiciens, son frère Xurxo (batterie, percussions) Pancho ALVAREZ (guitare, bouzouki) et le canadien Jon PILATZKE (violon, claquettes) mais aussi de la jeune accordéoniste basque Itsaso ELIZAGOIEN et de la violoniste irlandaise Maria RYAN, le virtuose galicien a convié de nombreux invités issus des différents pays celtiques à partager la scène avec lui.

Alors qu’au dehors, le vent et la pluie balayaient la ville de Lorient, l’ambiance était tout autre dans l’enceinte de l’Espace Marine et ce dès le début du concert avec un reel endiablé. La fiesta s’est accéléré avec A Costa de Galicia et un Bolero de RAVEL un peu vite expédié n’a pas fait retomber l’ambiance surchauffée.

Pour Battle of Glen Shiel, la joueuse de cornemuse écossaise Brighde CHAIMBEUL a traversé l’Espace Marine avant de rejoindre la scène et d’offrir un duo avec la gaïta de Carlos. Pour Camino de Santiago, les musiciens ont quitté la scène afin de traverser l’Espace Marine jusqu’en haut des gradins.

C’est à un voyage de plus de mille ans en arrière que nous ont conviés d’abord le breton Jullian CUVILLIER chantant en gaulois accompagné de la lyre bretonne, puis Pancho a fait de même dans la langue celtibère avec la lyre galicienne. Abraham CUPEIRO que l’on avait pu découvrir lors de la grande Nuit de la Galice a traversé la salle accompagné de son carnyx avant de rejoindra la scène et unir son instrument avec les lyres de ses compères.

Carlos aimait à rappeler que le rock anglais et la pop américaine sont les héritières des anciens celtes. Baba O’Riley de THE WHO interprété par Jon suivi d’une jig irlandaise l’ont démontré avec éclats.

Carlos est aussi revenu a plusieurs reprise sur “la celtitude” de l’Espagne et pour ce faire, il a sollicité deux ensembles de percussions et dulzaïnas ou dolçainas (instrument proche de la bombarde bretonne), LA XAFIGA d’Alicante et la BANDA DULZAINAS DE AVILA qui donnèrent toute deux le frisson.

Alan STIVELL est alors venu interpréter The Three Pipers avec un représentant de chacune de ces formation offrant un trio de bombardes inédit (celte, celtibère et ibère).

Le barde a ensuite enchaîné avec Tri Martolod mettant une fois encore le feu dans l’assistance.

Le très beau Marcha do entrelazado avec le BAGAD CAP CAVAL a été suivi de Shamrock Shore, que l’on connaît pour avoir été popularisé par THE CORRS sur leur premier album, et d’un hommage aux CHIEFTAINS avec le classique galicien Guadalupe que le groupe irlandais avait mis à son répertoire.

Le final a été exalté et s’apparentait à un véritable HÉRITAGE DES CELTES que n’aurait pas renié Dan Ar BRAZ. Après un Saint Patrick Andro survolté pour lequel tous les participants se sont retrouvés devant un public déchaîné, ont suivi justement deux titres issus de la glorieuse épopée de Dan AR BRAZ, Green Lands et Aire de Pontevedra.

Le concert a tenu toutes ses promesses et après deux heures trente de musique, on aurait bien aimé que cela dure encore toute la nuit.

CD : Inter-Celtic

Site : http://www.carlos-nunez.com/

CLAYMORE

Le groupe australien CLAYMORE est un habitué du Festival Interceltique. Son précédent passage remontait à 2016, l’année où son pays était mis à l’honneur.

Emmené par le charismatique William HUTTON, qui est aussi le responsable de la délégation australienne, le groupe a une fois encore embraser les scènes sur lesquelles il s’est produit, en particulier celle de l’Espace Marine en première partie du spectacle du BAGAD KEMPER & RED CARDELL.

Entre compositions personnelles, reprises de classiques (The little cascade, Loch Lomond) CLAYMORE, a emporté le public dans son rock celtique pur, parfois sauvage en prenant toutefois garde d’éviter les lourdeurs. Les huit musiciens savaient alterner entre plages électriques et d’autres plus acoustiques, soutenus parfois par leurs incontournables danseuses et bénéficiant même du renfort du responsable de la délégation irlandaise Reuben Ó’Concluain aux percussions.

Bien évidemment, et c’est une tradition, c’est avec une fougueuse reprise d’It’s a long way to the top d’AC/DC que le concert a pris fin.

* Entretien avec William HUTTON
Tu es le fondateur de CLAYMORE ?

William : J’ai fondé CLAYMORE en 1976 lorsque je suis arrivé en Australie en provenance d’Écosse.

Aujourd’hui, tu vis en Écosse ou en Australie ?

William : J’habite Melbourne en Australie depuis trente-cinq ans maintenant.

Et les autres musiciens ?

William : En fait, tous les autres musiciens sont nés en Australie. Ils sont de racines écossaises ou irlandaises. Leurs grands-parents étaient écossais ou irlandais. De tout le groupe, il n’y a que moi qui ne suis pas né en Australie mais en Écosse.

Comment s’est faite la rencontre entre les membres de CLAYMORE ? Y a-t-il eu des changements ?

William : La première rencontre s’est faite dans un pub à Melbourne avec Craig SCROGGIE. Craig est le frère de Grant SCROGGIE qui joue de la cornemuse sur scène. Craig est batteur de caisse claire et il voulait en jouer. Le dernier membre à être rentré dans le groupe s’appelle Dash McIVOR et il joue de la guitare.

Comment as-tu découvert le Festival Interceltique ?

William : En fait, nous avons connu Kathleen O’MALLEY qui est l’ancienne responsable de la délégation australienne. Nous avons fait connaissance à Port Fairy. Kathleen nous a demandé de venir jouer pour la première fois en Bretagne, à Lorient, en 2002.

Combien de concerts au Festival Interceltique ?

William : Douze concerts pour cinq participations.

Combien de CD ?

William : Sept CD et un DVD.

Un nouvel album ?

William : Nous nous sommes beaucoup affairés par la préparation d’un nouveau CD mais Grant a eu un bébé donc nous avons fait une pause durant deux ans. Là, nous allons recommencer à écrire et on espère sortir le nouvel album en début d’année prochaine.

Y-a-t-il une tournée prévue ensuite ?

William : Après la sortie du nouvel album, nous planifions une tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande et nous espérons revenir en Bretagne pour le présenter au Festival Interceltique.

L’album sort l’année prochaine donc nous le présenterons au Festival Interceltique dans deux ans.

Qui sont les danseurs qui vous accompagnent sur scène ?

William : Le groupe s’appelle les GLEANBRAE DANCERS. C’est ce qui se trouve de mieux en matière de danses écossaises à Melbourne. Les danseuses nous accompagnent depuis 1998. Au fur et à mesure, ce ne sont pas les mêmes danseuses. Certaines prennent leur retraite et d’autres plus jeunes arrivent. Certaines fois, ce sont les enfants qui arrivent comme la leader qui s’appelle Bernadette, sa fille Bridget danse dans le groupe.

Quels sont les thèmes abordés dans les chansons ?

William : J’écris les paroles qui sont toutes inspirées de la tradition celtique. La base, c’est la musique traditionnelle celtique d’Irlande ou d’Écosse. C’est Grant SCROGGIE qui écrit la musique. On se met ensuite d’accord pour la composition et l’ensemble est soumis au reste du groupe pour les arrangements.

Il y a la reprise d’AC/DC.

William : C’est un morceau qui a du succès et qui est d’autant plus intéressant pour nous que les membres d’AC/DC sont tous des immigrés écossais. AC/DC a eu un immense succès avec Long Way to the Top et CLAYMORE un petit (rires).

Vous avez déjà rencontré AC/DC ?

William : Nous les avons effectivement rencontrés parce que notre ancien ingénieur du son était aussi l’ancien ingénieur du son d’AC/DC. Il a travaillé avec nous pendant quinze ans et il a ensuite pris sa retraite.

En 2006, vous aviez rencontré le groupe BROTHER et vous aviez ensuite joué ensemble en Australie. Êtes-vous toujours en contact ?

William : Il y a encore eu des concerts en commun avec BROTHER. J’ai reçu un e-mail avant de venir ici mais les contacts se sont un peu espacés parce que le groupe vit maintenant aux États-Unis à Los Angeles.

En Allemagne et au Canada, il y a aussi des groupes nommés CLAYMORE. Est-ce que vous les connaissez ?

William : Nous ne les connaissons pas mais nous en avons entendu parler. Je crois que le groupe allemand est un groupe de heavy-métal et celui du Canada est un trio acoustique.

En tant que responsable de la délégation australienne, est-ce que tu penses qu’il y aura un jour un véritable pavillon australien ?

William : C’est mon intention d’avoir un vrai pavillon australien, un pavillon permanent, même s’il est petit. Je travaille là-dessus.

L’entretien a été réalisé en collaboration avec Stéphane – Coyote (Bleiz Prat), producteur et reporter pour : Radio Korrigans, Radio Balises, Radio Larg (Morbihan – Bretagne Sud), Radio Trad Grand Est et Radio Sud (Belgique).

Émission : CeltArmoric.

Un grand merci à Yannick, interprète bénévole, pour sa disponibilité.

CD : Firkin Live – Across the World !

Site : http://www.claymore.org/

BAGAD KEMPER & RED CARDELL

En 2011, le BAGAD KEMPER et RED CARDELL s’étaient associés pour la création d’un spectacle baptisé Fest Rock. Ce spectacle a tourné jusqu’en 2015 et un CD a vu le jour en 2013.

Les deux ensembles se sont également retrouvés en 2014 pour la bande originale du défilé de la collection Gwenn-ha-du créée par le brodeur Pascal JAOUEN.

En cette année 2019, le BAGAD KEMPER célébrait ses soixante-dix ans et il souhaitait créer un nouveau spectacle pour cette occasion.

Le projet Nerzh a donc progressivement mûri à partir de printemps 2018. À la différence de Fest Rock, il s’agissait cette fois d’un projet contenant uniquement des titres originaux. Les mélodies mélangeaient les airs traditionnels avec des compositions du penn bagad et responsable de la direction musicale du projet Steven BODENES sur lesquelles le chanteur des RED CARDELL, Jean-Pierre RIOU, a posé ses textes.

Le CD ne paraissant qu’en septembre, le spectacle de Lorient était donc une avant-première à laquelle le public a bien répondu présent.

À des paroles toutes “cardeliennes”, mélancoliques ou sobrement désabusées, répondaient une musique débridée se référant souvent à la danse (Dérobée de Guingamp pour Indien, Gavotte sur Au milieu de nulle part).

Un grain, une danse plinn, rappelait dans ses parties uniquement musicales le Pop Plinn d’Alan STIVELL ou encore Etienne Riwalan des DIAOULED AR MENEZ.

Jean-Pierre RIOU alternait entre des titres chantés et d’autres parlés, inventant au passage une sorte de slam version rock celtique. Dans ce style, Nerzh dont les paroles sont un appel à la danse et Un nouveau monde qui bénéficie d’une superbe mélodie, étaient de probants exemples.

RED CARDELL savait aussi parfois s’effacer pour laisser le bagad seul aux commandes.

Le BAGAD KEMPER ayant changé la tonalité de ses instruments, le précédent répertoire n’était plus jouable. Seul le titre Rock’n’ roll Comédie se rappelait aux bons souvenirs, mais cette fois il bénéficiait uniquement du renfort du pupitre batterie.

Puis, c’est avec une reprise d’un des titres phares de RED CARDELL, Andro, que le concert a pris fin. Cette version explosive, soutenue par des éclairages très travaillés a littéralement mis le feu à l’Espace Marine.

Nerzh est un mot breton qui signifie la force ou la puissance. Ce sont bien les termes adéquats pour désigner le spectacle livré par les protagonistes.

Les deux ensembles caressent maintenant l’espoir de jouer ce spectacle à New York. Espérons que leur vœu puisse se réaliser.

CD : Nerzh

Sites :

RED CARDELL : http://www.redcardell.com/

BAGAD KEMPER : https://www.bagad-kemper.bzh/

DOUR LE POTTIER QUARTET

DOUR LE POTTIER QUARTET est une formation atypique. Elle est formée par les deux musiciens qui lui donne son nom, les violonistes Jonathan DOUR et Floriane LE POTTIER et est complétée par la violoncelliste Mathilde CHEVREL et le batteur Antonin VOLSON. Tous ont eu un brillant parcours individuels ou encore au sein de différentes formations (KARMA, AODAN ou encore la KREIZ BREIZH AKADEMI d’Erik MARCHAND).

Le quartet existe depuis 2011 et possède deux albums à son actif. Difficilement classable, la musique était au croisement de plusieurs styles. On y décelait des ambiances contrastées se jouant des lignes imposées et lorgnant tour à tour vers le folk-rock progressif, la musique traditionnelle, le classique ou la musique de chambre, les musiques orientales ou scandinaves, sans jamais se départir de ses influences bretonnes.

Le pach pi avec une introduction violoncelle/batterie avant que les violons n’interviennent prenaient justement de subtiles couleurs orientales.

Les arrangements étaient très travaillés mais les musiciens évitaient l’écueil de paraître trop élitistes ou cérébraux. La musique restait accessible.

Le quartet se transformait en quintet avec le renfort de Youenn LANGE dans une longue danse fisel qui réussissait la véritable performance de tenir en haleine danseurs et simples spectateurs

Enfin, c’est par un kost ar c’hoat que les musiciens ont terminé d’achever les danseurs.

CD : Treusioù ar pewar awel

Site : http://dourlepottier4tet.bzh/

CELTIC ELECTRO +

Jusqu’en 2018, les concerts rock proposés pour la dernière soirée de l’Espace Marine n’avaient pas réussi à attirer le public attendu. Le Festival Interceltique a donc décidé en 2019 de changer radicalement de formule et de proposer tout autre chose en organisant une soirée électro baptisée Celtic Electro +.

Un rideau cachait les gradins et pas une chaise n’était installée au sein de l’Espace Marine. Le but était que le public ne soit pas simplement spectateurs mais que les gens bougent.

On pouvait s’y attendre, le chapiteau n’était pas entièrement plein. Cette proposition artistique a néanmoins connu un joli succès et le public présent a pu vibrer au son des trois formations qui se sont succédé.

Bien que le groupe existe depuis 1991, PEATBOG FAERIES se présentait pour la première fois au FIL.

La musique écossaise reste la base de leur œuvre, cependant les six musiciens (guitare, basse, batterie, claviers, violon, flûtes-cornemuse) furent parmi les premiers à la confronter avec la musique électro. Cette qualité de précurseurs, de pionniers, leur confère un statut particulier dans le monde de la musique écossaise.

La rythmique était implacable. La basse et les claviers, très présents, installaient durablement le climat tandis que la cornemuse ou la flûte étaient bien mises en avant. La musique se teintait d’ambiances reggae, rock ou encore jazz. Dans ce déferlement sonore, le violon peinait parfois à se faire entendre.

On sentait que les musiciens prenaient plaisir à se produire et ils se démenaient sur scène. Toutefois, l’ensemble a peiné à vraiment décoller.

En cette année de la Galice, Mercedes PEON était l’attraction de la soirée. Il est bien difficile de classer Mercedes dans une case particulière tant l’artiste aime sortir des sentiers battus Ses albums peuvent sembler parfois déroutants auprès des néophytes mais il n’en demeure pas moins qu’ils sont très travaillés et le dernier en date, Deixaas, n’échappe pas à ce constat.

Mercedes PEON se trouvait au milieu de la scène entre ses deux complices Monica DE NUT et Ana FERNANDEZ. Toutes trois officiaient au chant, aux programmations et aux percussions. Mercedes pouvait avoir recourir à sa gaïta tandis que Monica employait elle un mélodica.

On retrouvait la base du chant traditionnel galicien accompagné de percussions, tel qu’on avait déjà pu l’entendre lors de la grande nuit de la Galice avec des formations comme ALIBORIA ou BOUBA mais il était ici fortement réarrangé, d’une manière très expérimentale.

La rythmique était omniprésente et accompagnait le chant en galicien dont Mercedes est une fervente défenseur. L’ensemble esquissait par moments un aspect incantatoire ou chamanique à l’esthétique atypique mais aussi déroutante.

La prestation a quelque peu décontenancée le public, peu habitué à entendre ce mode de traitement.

NOON est apparu sur la scène musicale en 2017. Le groupe est né d’une blague entre le DJ Antoine DUCHENE et le sonneur Etienne CHOUZIER, tous deux alors étudiants à Lyon. Antoine ne connaissait pas la musique bretonne mais il officiait déjà dans l’univers de l’électro sous le nom de ANTON OAK. Il a alors eu l’idée de renforcer un concert avec quatre cornemuses. Le projet a ensuite petit à petit pris forme.

À la différence de nombreux groupes qui habillent la musique traditionnelle de touches électros, NOON propose l’inverse. Il ne s’agissait pas de proposer un fest-noz. Ni la musique, ni la danse qui s’y rapportait n’étaient traditionnelles. Antoine créait tout et lançait la rythmique. Les cornemuses étaient un apport à l’électro et enchaînaient énergiquement. Cela n’empêchait cependant pas des espaces laissant seulement les cornemuses s’exprimer ou des intervalles durant lesquels seules les sonorités électros étaient présentes, avant que les deux parties ne s’accordent à nouveau avec force.

“Ceux qui n’aiment pas la cornemuse ou l’électro ne sont pas au bon endroit” a déclaré le DJ. Qu’il se rassure, le public savait pourquoi il était présent et il a réservé une ovation au quintet.

PEATBOG FAERIES

CD : Live @ 25

Site : https://peatbogfaeries.com/

Mercedes PEON

CD : Deixaas

Site : https://www.mercedespeon.gal/

NOON

Site : https://fr-fr.facebook.com/noonmusique/

MODKOZMIK

MODKOZMIK est un jeune trio qui s’est créé en 2017. Le nom du groupe était à même de donner un aperçu de ce à quoi le public pouvait s’attendre. En effet, alors que le terme “mod koz”, littéralement “ancienne mode” en breton, est une référence à la tradition, le terme “kozmik” évoque une idée d’universalité. Au delà du jeu de mot, ce nom possède une originalité qui se vérifiait ensuite musicalement.

MODKOZMIK est formé de Louri DERRIEN (trompette), Yann-Ewen L’HARIDON (saxophone) et Clément DALLOT (Claviers). Les deux premiers ont participé à la septième session de la KREIZH BREIZH AKADEMI d’Erik MARCHAND et ont formé depuis un autre groupe dans lequel ils officient à la bombarde tandis que le troisième larron joue de l’accordéon et compose au sein du groupe NATAH BIG BAND.

MODKOZMIK proposait une formule fest-noz avec plusieurs suites de danses (ronds de Loudéac, ridée six temps, gavotte, rond de Saint-Vincent). Le traditionnel couple biniou-bombarde était ici remplacé par un couple trompette-saxophone aux influences jazz soignées. Les claviers apportaient soit une atmosphère planante, rappelant même parfois le son des premiers albums de Jean-Michel JARRE, soit répondait aux deux autres instruments.

Yann-Ewen et Louri pouvait également se défaire de leur instrument afin de laisser place au chant que ce soit en solo ou sous la forme d’un kan ha diskan (chant à répondre).

Rejoint par Simon LATOUCHE (trombone) et lyas KHAN (tablas), le groupe devenait alors MODKOZMIK GALACTIK en renforçant ses couleurs jazzy tandis que les tablas apportaient une nuance indienne.

Site : https://fr-fr.facebook.com/modkozmik/

HIKS

Après un album fin 2014 dans lequel ils avaient revisité à leur manière le répertoire du groupe MALICORNE, les musiciens de HIKS sont revenus dans l’actualité discographique début 2019 avec un nouveau CD, Bezañ en e vutun (qui peut se traduire par “être dans son élément”) qu’ils venaient présenter à Lorient.

HIKS est formé de cinq musiciens ayant déjà un solide bagage musical, Gaël Lefévère (bombarde), Stéphane DE VITO (basse), Pierre DROUAL (violon), Yann LE GALL (guitare) et Benoît Guillemot (batterie, programmations).

HIKS, c’est du gros son, intense et nerveux, et le groupe n’a pas failli à sa réputation. Entre concert et fest-noz, la prestation proposait des suites de danses (kas a barh, gavotte, cercle circassien, fisel, kost er houet suite Loudéac) respectant les codes traditionnels mais interprétées avec un habillage oscillant entre rock et électro, le tout dans une ambiance survoltée et un rythme effréné. Dans cette furie, la bombarde puissante dialoguait avec un violon planant tandis qu’une guitare nerveuse répondait à une batterie qui cogne.

Gael LEFEVERE a fait allusion à une personne dans le public qui donnait l’impression de se croire au Hellfest de Clisson. On pouvait effectivement se poser la question par moments. Et ce n’est pas un reproche !

CD : Bezañ en e vutun

Site : https://www.hiks.bzh/

KENAVO AN DISTRO

Le deuxième dimanche et dernier jour du Festival, le quai de la Bretagne devient l’unique lieu de rendez-vous où se retrouvent tous ceux qui veulent une dernière fois communier au son de la musique celtique.

Dès 14 h et jusque 2 h le lundi matin, différentes formations se succèdent permettant de découvrir des artistes moins connus ou en devenir avant l’apothéose le soir venu.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, GWENDAL est un groupe qui se produit très (trop) rarement en Bretagne. Sa présence au FIL était donc un évènement d’autant plus que son précédent passage remontait à 2010, l’année de la quarantième édition. Le dernier album studio est paru en 2005 et depuis seul un enregistrement public, capté lors du Festival de Gexto au Pays Basque Espagnol, a vu le jour en 2016.

Dès les premières notes sortant de la flûte de Youenn LE BERRE, le seul membre d’origine encore présent, sur Pilo Rosso, on reconnaissait le style GWENDAL. Les instruments (guitare électrique, basse, claviers, batterie, violon) se mettaient progressivement en place. Le groupe a enchaîné ensuite avec Gave hot au son de la bombarde dialoguant avec la guitare électrique.

Le répertoire était en grande partie issu du dernier album studio, War-Raog, paru en 2005, Stone Eire, un slow irlandais comme l’a annoncé Youenn LE BERRE, plus calme laissant le violon s’exprimer au côté de la flûte ou encore Stone jig, Suite d’Arrée et le très jazzy Skaï reel.

Sur Noces de granit, le sonneur asturien Ruben ALBA est venu prêter main forte à la gaïta en répondant ainsi à la bombarde.

GWENDAL nous a néanmoins gratifié d’un titre inédit aux influences irlandaises, peut-être annonciateur d’un nouvel album à venir.

Enfin, le groupe a terminé par l’un de ses titres emblématiques, Irish Jig, qui figurait sur le tout premier album. La musique démarrait lentement puis accélérait crescendo jusqu’à épuisement.

S’il demeure encore aujourd’hui un groupe illustre auprès des connaisseurs, GWENDAL représentait néanmoins une découverte pour une partie des spectateurs.

Succédant à GWENDAL, Jean-Charles GUICHEN n’avait déjà pas la tache facile. En plus c’est en solo, simplement accompagné de sa guitare, que le musicien s’est présenté devant le public pour une prestation appelée Le Solo de l’Ankou (la représentation de la mort dans la culture bretonne).

Cette dénomination viendrait d’un clin d’œil au guitariste de blues Robert JOHNSON qui aurait, selon la légende, traité avec le diable. Jean-Charles utilise d’ailleurs la même technique de jeu en accord ouvert que son illustre prédécesseur américain.

Bien que seul sur scène, Jean-Charles savait occuper l’espace, autant géographique que sonore, et envoûter le public. Le musicien ne se contentait pas de jouer de la guitare, il faisait corps avec son instrument comme possédé par lui à la limite de la transe. Les danseurs ne se faisaient pas prier et ils ont pratiqué leur art jusqu’à épuisement.

L’année dernière, le groupe japonais HARMONICA CREAMS avait créé la surprise en remportant le trophée Loïc Raison. Les trois musiciens ne faisaient partie ni de la programmation officielle, ni même du OFF mais ils étaient venus à Lorient pour participer à ce concours. Cette distinction leur a permis de se retrouver propulser dans la programmation 2019.

Là où on aurait pu s’attendre à une réinterprétation de classiques celtiques, HARMONICA CREAMS proposait un véritable travail de création basé sur des titres originaux. Les trois compères, Yoshito KIYONO (harmonica), Aiko OBUCHI (violon) et Koji NAGAO (guitare) possèdent un bagage intéressant et varié (FLOOK, Calum STEWART, Eileen IVERS mais aussi KILA ou encore les bretons de SKOLVAN). Les musiciens ont digéré ces diverses influences et les retraduisaient dans un style fortement mâtiné de blues. L’harmonica, qui donne son nom au groupe, est bien mis en avant, soutenu par le violon et la guitare et cette année par l’apport d’une batterie. Leur vélocité irréfutable a une fois encore enflammé le public

Fidèlement à la tradition, ce fut ensuite au groupe de chants de marins DJIDOUDJEP de clôturer l’édition 2019 du Festival Interceltique. L’infatigable Mikaël YAOUANK (cistre, chant) et ses deux compères, Nicolas LE RALLIC et Guillaume YAOUANK (guitare, chant) ont entonné les classiques du genre (Les Filles de New York City, Fanny de Laninon, Le Gabier noir, Satanicles, Jean-François de Nantes). À Lorient la jolie et John Kanak étaient interprétées a cappella et volontiers reprises en cœur (et en chœur) par le public. Si ces deux dernières années, DJIBOUDJEP était épaulé par les membres des groupes RHUM ET EAU (dont Guillaume YAOUANK fait partie) et LES SPAMS ou encore par le BAGAD DE LANN BIHOUE, cette année c’est uniquement sous sa forme originelle qu’il officiait.

Christophe LE GOVIC ancien penn sonneur du Bagad de Lorient est monté sur scène pour venir chanter Mon p’tit garçon. Bien évidemment, la coutume étant respectée jusqu’au bout, c’est avec un Petit Papa Noël complètement anachronique que le concert, et par là même le Festival, ont pris fin.

GWENDAL

CD : Live in Getxo

Site : http://gwendal.eu/

Jean-Charles GUICHEN

CD : Breizh an Ankou

Site : https://www.jcguichen.com/

HARMONICA CREAMS

CD : Stereotype

Site : http://harmonicacreams.com/

DJIDOUDJEP

CD : 37e escale

LE OFF

Depuis plusieurs années, nous évoquons la déliquescence du OFF en espérant chaque fois que celui-ci relève la tête l’année suivante. Ce n’est hélas pas en 2019 que cela s’est produit.

Le nombre de scènes avait déjà considérablement diminué. Celles qui restaient encore actives voyaient de plus en plus se produire des groupes n’ayant plus aucun rapport avec la musique celtique, y compris celles qui jusqu’à présent respectaient la thématique. Beaucoup de groupes dont nous nous étions fait l’écho ces dernières années ne sont d’ailleurs même plus programmés.

Heureusement, quelques (rares) établissements restent fidèles à la musique celtique et permettent de maintenir un semblant de Festival OFF.

BOGZH CELTIC CATS !

BOGZH CELTIC CATS ! aura été l’une des rares révélations du OFF 2019. Le groupe est né des cendre d’un autre groupe qui fut programmée lui aussi dans le OFF il y a dix ans, DAONET.

Si ce dernier pratiquait un rock breton entièrement en langue bretonne, BOGZH CELTIC CAT en a gardé certains rudiments mais la formation lorgne aussi du côté du punk celtique et s’autorise à chanter dans d’autres langues.

Pour sa première expérience lorientaise, le groupe aura du composer avec les aléas climatiques et on espère que les musiciens seront de retour en 2020.

* Entretien avec Gilles
Gilles, tu es le guitariste de BOGZH CELTIC CATS !, peux-tu nous présenter le groupe ?

Gilles : Le groupe a été créé en 2014 lorsque DAONET s’est séparé. A l’époque, trois des membres de la version quatuor de DAONET ont créé BOGZH CELTIC CATS. Aujourd’hui, je suis le seul de ces trois membres mais déjà, dès le début, mon fils m’avait rejoint à la basse et maintenant il y a mon autre fils, le plus jeune, qui est à la flûte et à la cornemuse, ainsi qu’un nouveau batteur. Nous sommes donc en formation quatuor avec toujours un mélange de compositions, de traditionnels réarrangés et de quelques reprises de style punk celtique.

On est dans un style très rock. Le punk celtique est un genre finalement assez rare et minoritaire.

Gilles : Mais il est assez présent dans le monde anglo-saxon. REAL MCKENZIES, DROPKICK MURPHYS ou bon nombre d’autres groupes comme cela qu’on ne voit pas dans les festivals celtiques en Bretagne ; on les voit dans les festivals de métal comme le Hellfest par exemple.

Vous avez tous une formation de musique celtique ou vous venez d’horizons différents ?

Gilles : J’ai joué dans différents groupes de rock celtique dont TAN FLAM il y a très longtemps dans les années 80. Pour ce qui est du reste du groupe, le batteur a joué dans tout style de musique, mon fils Gwenolé à la basse a fait plutôt une formation contrebasse, classique et jazz, avant d’intégrer le groupe donc il n’avait pas cette musique dans la tête. Mon autre fils Corentin à l’origine était batteur plutôt dans un style jazz et il s’est mis à la flûte et à la cornemuse lorsqu’il nous a rejoint.

De quoi est composé votre répertoire. Tu parlais de reprises mais il y a aussi des titres originaux.

Gilles : Il y a effectivement des titres originaux en breton, en anglais et en français, avec des thèmes différents mais toujours un aspect rock celtique au sens large, on va dire.

DAONET avait un répertoire quasiment exclusivement en breton. Cela reste important pour vous de chanter dans cette langue ?

Gilles : C’est une langue importante pour nous mais pour l’instant dans notre répertoire elle n’est pas majoritaire. On a actuellement plus de chansons en langue anglaise qu’en breton. Cela viendra peut-être par la suite.

D’où êtes-vous originaire exactement ?

Gilles : Le groupe est basé à Nantes. Moi je viens du Morbihan (rires) mais nous sommes maintenant sur Nantes et le batteur est également basé en Loire-Atlantique, à côté de Clisson.

Vous tournez en Bretagne ou vous tournez dans d’autres régions, voire d’autres pays ?

Gilles : Non, nous n’avons pour l’instant pas joué dans d’autres pays. Les demandes sont principalement concentrées sur La Bretagne. Disons que ça va du Finistère à la Vendée et peut remonter jusqu’à la région parisienne et la Normandie. Pour le moment, nous n’avons pas eu d’autres demandes.

Vous avez déjà produit un EP.

Gilles : Tout à fait ! On a enregistré un EP en 2017 avec six titres qui contient quelques compostions, quelques traditionnels et une reprise des DROPKICK MURPHYS.

Il y a des sujets qui vous inspirent ou qui vous tiennent à cœur ?

Gilles : L’inspiration est diverse. Après, on n’a pas vraiment fait de chansons sur des thèmes d’actualité donc cela peut être plus personnel. Ce ne sont pas forcément des thèmes politiques ou autres. C’est variable. Mais à l’avenir, pourquoi pas ! Il n’y a pas de blocages par rapport à ce point-là.

Vous vous produisez au Festival Interceltique dans le OFF. C’est un rendez-vous important pour le groupe ?

Gilles : Oui, c’est un point important. C’est la première fois que nous participons au OFF. Cela nous tenait à cœur et nous continuons sur le Morbihan, à Lanester et Sarzeau, après ce passage au OFF.

Il y a une chose qui est assez intrigante : c’est le nom du groupe !

Gilles : Oui (rires) ! Alors, pourquoi BOGZH CELTIC CATS ? A la base, il y a une bonne dizaine d’années, il y avait un groupe plutôt blues/rock 70’s, que j’avais rejoint, qui s’appelait BOGS qui signifie « marécage ».

Quand j’ai intégré le groupe, j’ai proposé de modifier le nom, parce que c’était passe-partout et dans les recherches sur le net, ça ne donnait rien, en le transformant en BOGZH avec un clin d’œil sur le BZH bien évidemment.

Quand on a créé BOGZH CELTIC CATS, j’ai rajouté  ce clin d’œil celtique avec le mot CELTIC et CATS pour rappeler des groupes comme les STRAY CATS, le but étant de faire un mélange de rock ‘n roll, de celtique et de punk-folk. Voilà l’explication, qui explique aussi le titre du premier EP, Kazh al lagenn, le chat des marécages, qui est toujours un clin d’œil par rapport à BOGS.

L’EP a deux ans. Avez-vous un album longue-durée en projet ?

Gilles : On a des projets. On a des compositions qu’on va travailler et le but serait effectivement d’aller vers cette réalisation. On ne s’est pas fixé d’échéance pour l’instant. Avec la formation actuelle, nous tournons depuis environ un an et là nous allons nous atteler à ajouter de nouvelles compositions qui sont déjà prêtes dans des enregistrements de maquettes et qu’il faut maintenant mettre en place avec l’ensemble du groupe.

Tu joues aussi dans d’autres formations ?

Gilles : Non ! Je me suis essentiellement concentré sur BOGZH CELTIC CATS !.

CD : Kazh al lagenn

Site : http://www.bogzh.com/

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Le CD du FESTIVAL INTERCELTIQUE DE LORIENT 2019 (Coop Breizh)

Comme chaque année, le CD du Festival 2019, dont la pochette reproduit le visuel de l’affiche officielle, est paru quelques semaines avant le début de la manifestation. Sans être exhaustive, cette compilation permet, en 18 titres, de donner un instantané de la programmation, entre têtes d’affiche et artistes moins connus (THE TRIALS OF CATO, SKIPINNISH, L-R), même s’il est toujours difficile de juger un artiste sur un seul titre.

En tant que pays invité, la Galice est bien représentée avec cinq ambassadeurs. A tout seigneur, tout honneur, c’est Carlos NUÑEZ qui ouvre l’album. Suivent ensuite, MILLADOIRO, TIRULEQUE Xose Lois ROMERO & ALIBORA ainsi que Mercedes PEON.

Sont également présents, Cécile CORBEL, SOLDAT LOUIS avec le titre célébrant leur anniversaire (Trente Ans déjà) ou encore Nolwenn LEROY dont la version studio de Marions les roses proposée ici, issue de son CD Folk, parait un peu éteinte comparée à celle qui fut interprétée durant son concert.

Le CD se termine par un titre inédit, Avel Ar Voustouer (le vent du Moustoir), composé par Etienne CHOUZIER (Bagad de Vannes, NOON). Ce morceau illustrait le feu d’artifice qui clôturait les Nuits Interceltiques dans le stade du même nom.

Un grand remerciement à l’agence de communication HEYMAN RENOULT ASSOCIES et en particulier à Sarah, Ophélie et Laetitia.

Dossier réalisé par Didier Le Goff
Photos (sauf pochettes CD) : Didier Le Goff

Site : https://www.festival-interceltique.bzh/

 

 

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