GJALLARHORN – Sjofn

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GJALLARHORN – Sjofn
(Autoproduction, rééd. Northside et MW/Fréa Records)

 

Pour ceux qui penseraient que la musique scandinave est aussi froide que son climat, qu’ils aillent donc jeter une oreille sur le nouvel album du groupe finno-suédois GJALLARHORN pour se persuader une bonne fois pour toutes du contraire. Intitulé Sjofn, du nom de la déesse scandinave des temps anciens qui réveille amour et passion entre les êtres, ce CD a de quoi réchauffer les longues nuits d’hiver nordiques, et même faire fondre quelques icebergs si l’on y prend garde.

Composé de ballades, de polkas et de menuets, traditionnels ou nés de l’imagination de la chanteuse Jenny WILHELMS, Sjofn mêle habilement tradition scandinave et sonorités venues d’autres continents. Au chant typique scandinave, Jenny WILHELMS introduit des éléments issus de la technique du chant classique indien et assure également les parties de fiddle, instrument autant nordique qu’irlandais.

Elle est entourée de Christopher ÖHMAN aux chœurs, viole et mandoline, ainsi qu’à la kalimba africaine, de Tommy MANSIKKA- AHO aux didgeridoos, guimbarde, udu et djembe, et de David LILLKVIST à la kalimba et aux diverses percussions afro-cubaines, indiennes, et au tambour chaman.

Les ambiances mystiques et les rythmes envoûtants de Sjofn invitent autant à la danse qu’à la transe, la voix de Jenny offrant un contraste saisissant avec les bourdonnements des didgeridoos et guimbardes. GJALLARHORN a choisi, tout comme HEDNINGARNA, la voie de la « transe chamanique » mais sa musique s’en différencie du fait que ce jeune groupe utilise peu d’instruments traditionnels de Scandinavie et privilégie les rencontres avec les instruments d’autres continents, ainsi qu’avec les animaux comme on peut l’entendre dans le dernier morceau enregistré en Australie, Dolphin Calling, où des dauphins dialoguent avec la voix de Jenny WILHELMS et la kalimba.

Dans un univers aussi magique que celui de GJALLARHORN, il est impossible de rester de glace.

Sylvie Hamon

(Chronique originale publiée dans
ETHNOTEMPOS n°8 – avril 2001)

 

 

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