GONG – In the 70’s

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GONG – In the 70’s
(Voiceprint)

Ce recueil d’archives est paru en 2006, juste avant que ne se tienne la grande sauterie gonguesque nommée “GONG Unconventional Gathering” à Amsterdam et qui réunissait pas moins de 25 groupes généalogiquement liés à l’univers de la planète verte des Pot-Head Pixies et des Octave Doctors. Ce n’est évidemment pas un hasard, a fortiori quand on sait que ses bénéfices devaient profiter à Tim BLAKE, alors noyé sous des tracas juridiques suite à un accident de voiture.

Il est regrettable qu’il faille attendre que de pareils événements se produisent pour que les caves et les greniers soient visités et que l’on y trouve miraculeusement des bandes inédites et qui plus est de plutôt bonne qualité sonore. Mais soit : il n’y a donc pas à craindre de publicité mensongère, c’est bien GONG dans ses juvéniles et glorieuses années anarcho-psychédéliques qui est documenté ici, à travers des archives live et studio datant de 1971 à 1974, mais présentées dans l’ordre inverse, à la manière d’une remontée progressive dans le temps (et qui vaut toujours mieux qu’une remontée d’acide !).

La première moitié du CD contient un concert dont la première particularité concerne le lieu et la provenance, qui s’avèrent être parfaitement inconnus aux éminences de la GONG Appreciation Society (GAS) qui a rédigé les notes ! Même une édition bootleg n’aurait pas fait mieux ! Mais au vu du répertoire, et s’agissant de la formation ALLEN-BLAKE-HILLAGE-MALHERBE-HOWLETT-MOERLEN (sans Gilli SMITH, exceptionnellement), on peut situer ce concert “quelque part au printemps 1974”.

Parmi les “highlights” joués ce soir-là, on goûtera une version hallucino-burlesque de I Been Stoned Before, avec un Daevid ALLEN qui l’est manifestement encore, et baignant dans les bulles synthétiques de Tim BLAKE ; un PHP’s Advice alors instrumental suivi d’un OM Riff de première nécessité, avec un solo incendiaire de Steve HILLAGE, un MALHERBE déconcertant de lyrisme, un Pierre MŒRLEN en ultra-grande forme, un Mike HOWLETT au diapason, et un Tim BLAKE en totale plénitude cosmique.

Pour les amateurs de raretés et autres perles oubliées, ce concert contient de même une version de la chanson (Where Have All the) Flowers Gone – prévue pour un single qui n’a pas vu le jour – dans laquelle Tim accompagne Daevid à l’harmonica, et s’achève (hélas prématurément, puisque non restitué en intégralité) sur Holy Mystery, soit le début de la Solar Musick Suite qui devait apparaître peu après sur le premier album solo de Steve HILLAGE, Fish Rising. C’est ici que s’achève ce concert venu de nulle part.

Suivent une première version instrumentale de Tropical Suite – suivi comme d’habitude par Selene (avec une section rythmique tenue par Pip PYLE et Christian TRITSCH) – et des démos de Never Glid Before et Oily Way, au son un peu plus brouillon mais restant acceptable.

La compilation se clôt sur un autre extrait de concert, apparemment une date française de 1972 (avec un certain Mac POOLE à la batterie, en remplacement de Pip PYLE), qui contient le rare Blues for Findlay (du disque Continental Circus), dans une version psychédélico-impro-déviante avec le saxophone funkysant de Didier, les space whispers joviaux de Gilli et la guitare toute wha-wha dehors de Daevid. Le rappel de ce concert démarre comme une jam prometteuse qui débouche sur… on ne sait pas, puisque l’enregistrement s’arrête une fois de plus prématurément (d’où le titre : I Don’t Know) ! Peut-être une introduction à Flying Teapot ?

Même après les parutions de Live etc., Live au Bataclan 1973, Live at Sheffield 1974, Pre-Modernist Wireless (The Peel Sessions) et Glastonbury Fayre 1971, In the 70’s s’avère être une acquisition aussi indispensable que jubilatoire pour tous les “pot-head-fans” de la planète GONG, car elle ne fait pas doublon avec tout ce qui est déjà disponible, et peut même être conseillée aux récents supporters qui voudraient savoir “comment ça sonnait sur scène à l’époque”. On aurait presque pu l’appeler “Live etc. vol. 2” !

Il n’y a que du bon vous dit-on, en tout cas de quoi faire tripper brutal dans les chaumières fumeuses de la “Green Planet” !

Stéphane Fougère

(Chronique originale publiée dans
TRAVERSES n°21 – janvier 2007)

 

Page : https://timblake.bandcamp.com/releases

 

 

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