GRYPHON – About as Curious as it Can be

Print Friendly, PDF & Email
GRYPHON – About as Curious as it Can be
(Hux Records)

De 1973 à 1977, le parcours du groupe anglais GRYPHON aura été pratiquement aussi singulier que sa musique. Mais pouvait-il en être autrement dès lors que l’on choisit pour nom celui d’un animal mythique qui se distingue par sa configuration hybride. Hybride…. telle fut la musique de GRYPHON. Sans réel équivalent, GRYPHON a toujours fait figure de groupe à part, tant dans le monde folk que dans le milieu des amateurs de musique progressive, chez qui il a encore du mal à se faire connaître et apprécier. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir conçu une musique originale, précieuse et néanmoins aux arrangements inattendus et à l’inspiration unique.

S’il joue sur son premier album éponyme une musique typée folk acoustique, reprenant plusieurs airs de danses de la Renaissance et des thèmes folkloriques anglais, faisant résonner les cromornes, bassons, ocarinas et mandolines de Richard HARVEY et de Brian GULLAND, tous deux musiciens de formations classique (le second sera réquisitionné un temps par MALICORNE), le groupe électrifie progressivement sa formule instrumentale.

Ainsi, un bassiste, Philip NESTOR, fait son apparition dès le deuxième album, Midnight Mushrumps, qui se distingue par une plus grande sophistication d’écriture. Le troisième opus, Red Queen to Gryphon III, achève en beauté la métamorphose de GRYPHON en groupe de folk-rock progressif lyrique et ambitieux : motets et madrigaux se fondent dans de plantureuses pièces aux incessants rebondissements, et claviers, guitares et batterie cohabitent avec l’instrumentation baroque originelle.

Dans sa démarche, GRYPHON établit une jonction entre GENTLE GIANT et YES, tout en puisant dans l’héritage médiéval. Puis, la tentation d’une musique folk progressive à consonance plus pop se fait sentir avec Raindance et s’avèrera définitive avec Treason, le dernier disque studio du groupe réalisé par une formation bien différente des débuts.

L’occasion est donnée à tout un chacun de (re)plonger dans l’univers surprenant de GRYPHON avec la parution inespérée de bandes live qui manquaient à sa discographie officielle.

Enregistrées en 1974 et en 1975 pour la BBC, ces performances live retracent on ne peut mieux l’essentiel de l’évolution de GRYPHON, de ses débuts folk à sa maturité électrique, puisque l’on y retrouve quelques-unes des plus belles pièces de son répertoire, principalement tirées des albums Midnight Mushrumps et Raindance : Ethelion, The Last Flash of Gaberdine Taylor, ou encore les deux magistrales suites Midnight Mushrumps et Ein Klein Heldenleben, dans lesquelles tout l’art de GRYPHON s’illustre en apothéose.

S’y ajoutent pour la bonne oreille un Renaissance Danse Medley et une suite de Jigs inédite qui clôturait à l’époque les concerts du groupe. Et même si les copieuses compositions de Red Queen to Gryphon III n’y figurent pas, ce disque live a l’heureuse fortune d’éclairer GRYPHON sous son meilleur jour.

Stéphane Fougère

Label : www.huxrecords.com/

(Chronique originale publiée dans
TRAVERSES n°12 – décembre 2002)

 

 

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.