Hélène BRESCHAND & Yoann PIOVOSO – Certains jours, certaines nuits

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Hélène BRESCHAND & Yoann PIOVOSO – Certains jours, certaines nuits
(SometimeStudio)

Il y a des jours qui confinent à la nuit ; il y a des nuits qui ne demandent qu’à voir le jour. Dans les interstices et les brèches provoqués par ces tiraillements temporels s’ébrouent des cohortes d’inflexions, de pulsions, de tentations, de sensations qui ne peuvent qu’échapper aux regards droits, aux corps creux, aux âmes corsetées. Les existences de l’ailleurs, autrement dit celles qui sont lovées dans les creux de nos enveloppes terrestres, voilà ce que Hélène BRESCHAND et Yoann PIOVOSO ont cherché à traduire dans cet album venu… d’ici, ou de là-bas, dans ce lointain juste à côté de soi.

Ils se sont rencontrés en 2013 lors d’un concert de l’Ensemble LABORINTUS et de la GENERALE D’EXPÉRIMENTATION, leurs groupes respectifs (parmi d’autres) et ont eu l’idée pharamineuse de conjuguer leur goût de l’excursion et de l’aventure sonores, dans les entrelacs de la musique contemporaine et de la musique improvisée, non sans cueillir au passage des écrits chargés de ces fulgurances poétiques qui dépassent les mots. Certains jours, certaines nuits rassemblent les “chansons” qu’ils ont créées, évidemment plus récitées que chantées, quand elles ne sont pas tout bonnement instrumentales.

C’est dans ces formes paradoxales qu’ils ont insufflé leurs éclats créateurs, générant une matière musicale aux contours mutants et mouvants, aux allures de précipices qui ne tiennent qu’à un fil. Voix, harpe, Rhodes, flûte et synthétiseur analogique sont les véhicules qui ont permis à Hélène BRESCHAND et à Yoann PIOVOSO de capter les fugacités tenaces de ces Certains jours et de ces certaines nuits, les premiers pouvant s’achever Tôt le matin et les secondes Tard le soir, à la faveur de ces éclipses visionnaires qui mettent la marche du temps sens dessus-dessous, quand les émotions viscérales cognent aux portes du subconscient.

Le répertoire de nos deux intrépides fouilleurs de sons comprend sept morceaux, sept plongées sans bouées dans une dimension immersive sans garde-fous, zébrée de projections fracturées et de cicatrices magmatiques, dans lesquelles les profils et les reliefs de ces alternances temporelles se déclinent en modes convulsifs, évanescents, anguleux, ouatés, scarifiés, fuyants, dissolus, ébouriffés, nonchalants, tumultueux, prégnants et vagabonds, saisissant la « rivière folle de l’instant », les « pays flottants baignés de chants mystérieux », imprimant l’odeur du sable, de l’herbe, de l’eau, du vent, photographiant les obscurités incandescentes, les solarités en cendres, absorbant Une histoire traditionnelle restée célèbre, étreignant le vent pour se fondre en lui (Soyons le vent), révélant un “world bottom” dont ils font une Terre d’accueil où il faut écrire ce qui ne doit pas durer (Écrivez-moi) et qui revient en écho…

Hélène BRESCHAND et Yoann PIOVOSO nous exhortent à écouter en apnée, à regarder dans l’entre-dedans pour en repeindre l’extérieur. « Soyons flamboyants. Soyons le vent » : la déclamation résonne comme une incantation à rejoindre ces « vivants insoupçonnés ».

Stéphane Fougère

 

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