Jean-François BÉLANGER – Les Vents orfèvres / Les Entrailles de la montagne

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Jean-François BÉLANGER – Les Vents orfèvres / Les Entrailles de la montagne
(Les Productions de l’homme renard)

En 2014 sortaient simultanément deux albums fabuleux d’un musicien tout à fait hors du commun, Jean-François BÉLANGER, je veux parler du diptyque formé par Les Vents orfèvres et Les Entrailles de la montagne. Jean-François BÉLANGER est une pépite, un trésor. Originaire du Lanaudière, au Québec, compositeur accompli et multi-instrumentiste de génie, il s’est fait connaître dans les milieux du trad québécois en métissant ses racines lanaudoises avec la culture musicale scandinave.

Il joue de toute une pléiade d’instruments et, depuis quelques années, compose majoritairement par des instruments à cordes scandinaves, comme le violon hardanger norvégien ou de fantastiques vielles à clés suédoises comme le nyckelharpa, le kontrabasharpa ou encore le tenorharpa.

Naviguant à son aise entre musiques baroque et ancienne, trad nordique et folk, Jean-François BÉLANGER sait en plus s’entourer d’excellents musiciens comme Yann FALQUET, excellent sur sa guitare acoustique, Natalie HAAS, divine sur son violoncelle, Olivier FORTIN, un as du clavecin et Susie NAPPER, extraordinaire sur sa viole de gambe. 

Cependant, l’instrument phare reste le nyckelharpa de BÉLANGER, un étrange instrument suédois venu du Moyen-Âge, qui s’apparente à la vièle mais comprend une panoplie de clés, d’éclisses et de touches et se joue avec un archet. Dixit Jean-François BÉLANGER, il  « tente d’appréhender les choses de l’esprit ». Il tente d’apprivoiser le silence aussi, une espace vide qui fascine ce compositeur rare, qu’on surnomme l’homme renard. « Il est plus facile d’écouter le bruit que le silence. Intuition, recueillement ou espérance ont été mes outils d’exploration. » confie-t-il. 

Les Vents orfèvres s’ouvrent avec la bien nommée Ouverture à quatre épingles, inspirée par le château de Versailles, se continue par, entre autres, L’Expédition, qui évoque le voyage épique de Roald AMUNDSEN au pôle Sud, et se termine par la Suite norvégienne, qui nous tient joliment en haleine durant ses onze minutes. Voici un bel et ambitieux ouvrage instrumental, assez monumental en vérité. Fruit de trois années de travail minutieux, c’est une œuvre d’une beauté intemporelle qui s’écoute d’une traite et se réécoute encore et encore sans aucun effort.

Avec Les Entrailles de la montagne, Jean-François BÉLANGER parcourt un territoire qui agit et nous fait agir à notre insu. Les instincts, les souvenirs, les sentiments, tout ce qui nous anime de l’intérieur. C’est une démarche complète à laquelle il nous convie, le prolongement artistique de sa vie de psychiatre. Toutefois, il n’y a rien d’ardu, rien d’emberlificoté dans les titres de cet album. Non seulement les morceaux sont parfaitement accessibles, mais ils sont de plus tout à fait superbes.

Frédéric Gerchambeau

Site : www.jfbelanger.com/

 

 

 

 

 

 

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