Klaus SCHULZE – Silhouettes

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Klaus SCHULZE – Silhouettes
(Oblivion – SPV)

Le poète des envolées synthétiques et des larmes cosmiques revient enfin avec un nouvel album ; et il nous propose de le suivre tout simplement pour ce qu’il appelle, un concert privé, manière de remercier tous ces admirateurs qui l’aiment depuis tant d’années. À 70 ans, il a décidé de tirer un trait sur les concerts et les tournées. Une page se tourne et c’est bien triste. Si le public d’aujourd’hui n’aura donc plus la chance de le voir sur une scène, il pourra se consoler en écoutant son œuvre si vaste.

Silhouettes propose quatre compositions purement schulziennes aux durées acceptables, allant de quinze à une vingtaine de minutes. Heureusement, nous échappons à de longues compositions dépassant les trente ou quarante minutes qui à la longue peuvent finir par lasser… Parce qu’avec sa musique, si nous n’accrochons pas dès les premières minutes, alors, il est inutile de continuer et il peut arriver de trouve le temps long. Il faut bien admettre que certains de ces albums, dans les années 1990 ou plus récemment, sont carrément inécoutables.

Ici, les musiques de Silhouettes sont réussies, auréolées de poésie et de réflexion mélancolique, voire même teintées d’une impression de grâce divine.

La musique du titre éponyme commence telle l’ouverture d’un opéra cosmique wagnérien dévoilant tout en douceur ses contours saisissants, mêlant une force épique, une certaine dramaturgie et un aspect féérique assez prononcé.

Der lange Blick zurück est une aventure de vingt deux minutes, avec une première partie magnifique où nous entendons des chœurs d’une pureté saisissante, puis une seconde partie plus rythmée marquée par des scintillements électroniques assez quelconques avant de revenir vers les ambiances sombres et crépusculaires du début.

Quae Simplex a toutes les caractéristiques d’une pièce qui appelle au voyage et à la rêverie. Nous retrouvons les boucles synthétiques, les nappes soyeuses accompagnées de rythmes entraînants et modernes.

Le dernier morceau possède un titre très imagée et poétique : Châteaux faits de vent conclue merveilleusement ce disque. Il s’y dégage une atmosphère apaisante où l’auditeur se laissera porter par tous ces sons qui s’entremêlent, posés sur des nappes tristes. Ce final est un ballet synthétique intense et lumineux.

Silhouettes est un album plutôt intéressant et fort émouvant. Klaus SCHULZE se montre inspiré, proposant un album bien meilleur que le décevant Shadowlands.

Cédrick Pesqué

Sites : www.klaus-schulze.com/      

Label : www.spv.de/

 

 

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