NAMGAR : Un écho de Bouriatie

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NAMGAR

Un écho de Bouriatie

namgarBien que résidant à Moscou, le quartet NAMGAR a lui aussi décidé de faire de l’unité culturelle entre Mongols et Bouriates son cheval de bataille artistique.

Son répertoire est constitué de chansons et de mélodies que partagent les peuples bouriates et mongols. Des liens culturels ancestraux connectent en effet ces deux peuples, en dépit de la colonisation russe à laquelle durent se soumettre les Bouriates au XVIIe siècle. Du reste, la tribu bouriate Hori, de laquelle descend Namgar, a combattu en son temps auprès de Genghis KHAN. Et paradoxalement, c’est la tradition bouriate qui a préservé certains genres de danses et de chants provenant de l’ancien empire mongol, alors qu’ils ont disparu des régions mongoles. NAMGAR se pose donc en passeur de cet héritage commun à la Bouriatie et à la Mongolie,

Le groupe tient son nom de la chanteuse traditionnelle bouriate Namgar LKHASARANOVA (ou pour faire court, LHASA), installée en Russie mais élevée dans une famille nourrie de tradition musicale bouriate, dans un village à l’est du lac Baïkal, en Sibérie du Sud.

La carrière de Namgar a débuté en 1985. Elle a notamment tourné en Europe (France, Allemagne, Hollande, Danemark, Norvège) et aux États-Unis en compagnie de divers ensembles folk, et c’est au sein du très populaire groupe local de Oulan-Oude SELENGA qu’elle a rencontré Eugene “Jipo” ZOLOTARYOV, qui est devenu son producteur (et son mari).

NAMGAR a à plusieurs reprises partagé la scène du festival norvégien de musiques ethiques Riddu-Riddu avec quelques renommées asiatiques comme CHIRGILCHIN et Bolot BAIRYSHEV, ou des célébrités internationales comme Mari BOINE.

Déjà auteur d’une démo naguère disponible en mp3 que l’on pouvait télécharger sur son site, NAMGAR a réalisé son premier véritable CD, Hatar, sur le label russe Sketis Music, habillé d’une illustration de pochette admirablement burlesque et décalée par rapport aux habituelles productions de musique traditionnelle.

De son impressionnante voix haut placée, mélodieuse et dynamique, NAMGAR interprète une sélection inédite de chants bouriates et mongols bénéficiant de somptueux arrangements faisant intervenir divers instruments à cordes : le luth à trois cordes chanza est joué par Eugene ZOLOTARYOV, alias JIPO, tandis que la célèbre vièle à tête de cheval morin-khour et la cithare yatga sont jouées par deux musiciens mongols, respectivement ALTANGEREL et Jamyan “URNA” URANTOGS. JIPO, ALTANGEREL et URNA combinent aussi sur plusieurs pièces leurs voix à celle de NAMGAR, auxquelles s’ajoute par endroits le chant de gorge de l’artiste mongol BATTUVSHIN, créant ainsi une palette vocale dense et contrastée, que viennent aérer la guimbarde et la flûte limbi du même BATTUVSHIN.

Les percussions de Nikolai KSENOFONTOV assurent une assise rythmique acoustique calquée sur les trots et les galops chevalins tandis que les bols tibétains et le koryaga (instrument qu’il a inventé lui-même) de Yuri BALASHOV sculptent le mystère des instants les plus contemplatifs du disque.

Narrant les exploits épiques de tel antique héro régional ou les éternelles beautés environnementales, ou invitant sans détour à prendre part aux chaleureuses danses bouriates yokhor et neryenn, les chansons de Hatar (danse en cercle) illustrent à merveille quelque chevauchée soutenue dans les steppes fouettées par les vents, ou ces veillées nocturnes au coin du feu sur les rives du lac Baïkal, ou encore d’envoûtantes visions chamaniques.

Avec Hatar, NAMGAR s’impose d’ores et déjà comme une formation de haut vol éminemment recommandable aux amateurs de musiques émanant des rustiques plateaux sibériens.

Stéphane Fougère

Site : http://namgarfolk.com/

 

 

 

 

 

 

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