ÔBRÉE ALIE – Alment d’If

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ÔBRÉE ALIE – Alment d’If
(Coop Breizh)

Si les oreilles averties ont pu entendre chanter souvent en breton, on ne peut pas en dire autant du gallo, parlé en Haute-Bretagne, d’où on ne connaît guère que le chanteur Mathieu HAMON comme interprète au sein du HAMON MARTIN QUINTET.

Pourtant, Bertran ÔBRÉE n’est pas le premier venu puisque c’est lui qui a rédigé le premier dictionnaire gallo-français et qu’il chante déjà depuis quelques années en duo avec le guitariste Mikaël COROLLER.

En 1999, le duo devient quatuor avec l’arrivée du percussionniste Pierre-Yves PROTHAIS (qui dirige par ailleurs un ensemble de percussions et voix, RITMETIS) et de la violoncelliste Cécile GIRARD, dont l’univers musical va du classique au traditionnel et à l’improvisation.

L’album du groupe ÔBRÉE ALIE, Alment d’if, surprend non seulement par le chant en gallo dont (d’après une définition d’Erik MARCHAND) « le français en est la forme littéraire » et que l’on arrive aisément à comprendre, mais aussi par des arrangements originaux. La “nouvelle vague celte” a beau être apaisée, la création est toujours là, bien vivante, comme au temps de GWERZ et de BARZAZ dont les amateurs apprécieront sans doute ce premier album de ÔBRÉE ALIE.

Chants traditionnels et compositions de Bertran ÔBRÉE se côtoient, rythmés par les envolées de violoncelles, les touches feutrées des bongos, caisse claire, cymbales, tambours d’eau et nombreuses autres percussions, les vagabondages d’une guitare acoustique, et les sursauts des clarinette, gaïda, trompette et bugle sur quelques titres (tenus par les deux invités : Emmanuel FRIN et Nicolas GIRAUD).

Tandis que Alment d’If, qui donne son titre à l’album, rappelle l’époque du sage duo chant/guitare, Bertran ÔBRÉE ose les improvisations vocales (en particulier sur Gllajeû, profond et sublime morceau de six minutes où le chant est totalement improvisé), Mikaël COROLLER électrifie brusquement sa guitare sur Trmoula en faisant monter la tension, et les musiciens ne dédaignent pas quelques bienheureuses tendances à l’improvisation, en particulier la violoncelliste Cécile GIRARD.

On ne peut qu’espérer que ÔBRÉE ALIE persistera dans cette voie…

Sylvie Hamon

(Chronique originale publiée dans
ETHNOTEMPOS n°8 – avril 2001)

 

 

 

 

 

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