PHILHARMONIE – Le Dernier Mot (The Last Word)

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PHILHARMONIE – Le Dernier Mot (The Last Word)
(Cuneiform / Orkhêstra)

« CE DISQUE EST LE DERNIER DE PHILHARMONIE. Les circonstances de sa réalisation sont inhabituelles et il nous semble utile de les définir. Le groupe s’est séparé en octobre 1997 après 10 ans d’existence. Comme tout musicien volontairement en marge des circuits de grande consommation, PHILHARMONIE a dû faire face à des diverses difficultés pour se faire entendre. Malgré cela, la Musique est restée présente parmi nous jusqu’aux tout derniers instants. Nous avons tenu à ce que ce CD en soit le témoignage ainsi que la conclusion de notre association. La relative longévité de PHILHARMONIE est due en grande partie au soutien assidu de tous ceux que notre travail a touché, auditeurs bien sûr, mais aussi acteurs désintéressés (…). Cet enregistrement a été effectué entre mars et août 1998 au studio 26 d’Antibes dans des conditions de cohésion exceptionnelles. »

Si j’ai volontairement paraphrasé les musiciens qui s’expriment ainsi dans le livret (entièrement bilingue) du CD, c’est pour vous éclairer sur les circonstances particulières qui lui ont ainsi donné naissance. La mort d’un groupe est toujours quelque chose de triste et ce témoignage émouvant nous aide quelque peu à “avaler la pilule”…

Ainsi donc PHILHARMONIE n’est plus, après cinq CD seulement. Profitons donc de ce pénible moment pour se remémorer la carrière du groupe niçois. C’est Frédéric L’ÉPÉE, ex-guitariste de SHYLOCK, qui fonda le groupe en 1987. À l’origine trio de guitaristes (style LEAGUE OF CRAFTY GUITARISTS de Robert FRIPP), le groupe sort un premier album (live) intitulé Beau Soleil, puis en 1993 son successeur, Les Éléphants carillonneurs, superbe synthèse du meilleur de cette formule en trio.

Avec Nord, sorti l’année suivante, le groupe intègre un batteur, assez timidement d’ailleurs : disque de transition s’il en est. C’est avec Rage paru en 1996 que le quatuor prend enfin tout son sens avec un disque mêlant parfaitement électricité, pulsation rock et moments d’accalmies salvatrices.

Cette formule fera malheureusement long feu et c’est donc avec ce Dernier Mot que l’on découvre la dernière formation du groupe redevenu trio, avec les fidèles Frédéric L’ÉPÉE aux guitares, Bernard ROS à la guitare Warr et un petit nouveau nommé Volodia BRICE à la batterie.

Composé de sept morceaux assez longs, l’album nous présente donc les toutes dernières compositions du groupe avant sa dissolution. Le livret est assez informatif quant à la genèse des morceaux puisque chacun est commenté par le groupe. On apprend ainsi que le morceau Campanile qui clôt l’album était en fait un titre fréquemment joué live et qui aurait du figurer sur le premier CD, si les musiciens n’avaient pas “oublié” de le jouer le soir de l’enregistrement (sic !).

C’est en quelque sorte la dernière syllabe du dernier mot selon les paroles mêmes des auteurs. Sans vouloir présenter chaque morceau individuellement, car tous sont formidables, et je m’étendrais sur plusieurs pages (ce qui n’arrangerait pas mon rédac’ chef, hein ?), il convient de préciser plusieurs choses. Tout d’abord, point de claviers, comme d’habitude (et ne venez pas me dire que s’il n’y a pas de claviers, ce ne peut pas être prog’ ou je vous étrangle !!!) – en fait je mens, il y a un peu de piano sur un titre – ni de chant (ouf !!!).

Le Chapman Stick tenu par Bernard ROS sur Rage est maintenant remplacé par une guitare Warr (sorte de basse monstrueuse qui se manie un peu comme une guitare). Les musicos apprécieront : la guitare de Frédéric L’ÉPÉE est accordée en quintes sur quatre morceaux (ne me demandez pas de vous expliquer, achetez Guitares Mag’ !).

Sur les 7 morceaux, 4 sont joués en quatuor, tandis que 2 sont interprétés en solo et le dernier en duo par les deux guitaristes. Volodia BRICE a tout de même son petit solo de batterie sur Hannibal A Capoue.

En bref, voilà un bien beau “mot de la fin” qui, j’espère franchement, va déboucher sur un avenir plus que radieux pour les trois membres que je demande à ré-entendre dans un (des ?) contexte (s) différent (s). Il serait vraiment dommage de ne plus entendre parler de fantastiques musiciens comme Frédéric L’ÉPÉE, Bernard ROS ou encore Volodia BRICE (fantastique batteur au fait, tout en finesse et puissance mélangée), ou même Jean-Louis BOUTIN (ancien batteur du groupe) ou Laurent CHALEF (guitariste sur Rage). Allez messieurs, étonnez-nous encore…

Renaud Oualid

Page : https://cuneiformrecords.bandcamp.com/album/the-last-word-le-dernier-mot

Label : www.cuneiform.com

(Chronique originale publiée dans
TRAVERSES n°6 – )

 

 

 

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