THINKING PLAGUE – In This Life

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THINKING PLAGUE – In This Life
(ReR Megacorp – réédition Cuneiform / Orkhêstra Int.)

In This Life fut à l’origine publié en 1989 sur le label de Chris CUTLER, ReR Megacorp, ce qui avait permis à THINKING PLAGUE d’accroître plus facilement sa réputation auprès des séides des musiques différentes. Comme c’était de surcroît le premier album du groupe à sortir directement en CD, il contenait en bonus un morceau phare, Possessed, issu du premier disque du groupe et la pièce de référence Moonsongs (de l’album éponyme), remixée pour l’occasion avec de menus éléments nouveaux. Depuis longtemps, cette première édition CD était épuisée, laissant les nouveaux fans du groupe déconfits et frustrés de ne pouvoir se procurer cette pièce manquante.

Par la suite, c’est sur le label américain Cuneiform Records que sont sortis les albums plus récents du groupe (depuis In Extremis). Et comme Cuneiform avait aussi réédité les deux premiers LP de THINKING PLAGUE sur le CD Early Plague Years, il était logique, dans le souci de réunir la discographie complète du groupe de Denver sur un seul et même label, que Cuneiform finisse par rééditer In This Life, dans une version au passage remastérisée. 

D’autant que, musicalement, le successeur de Moonsongs est un opus majeur dans l’histoire du groupe, puisqu’il franchit un nouveau palier. Les multiples et à priori inconciliables inspirations de THINKING PLAGUE se fondent encore davantage pour créer un univers atypique et défricheur qui gardent aujourd’hui toute son actualité.

La formation subit ici encore quelques changements : autour du noyau JOHNSON/DRAKE/LEWIS apparaissent des têtes nouvelles, comme celles de Shane HOTLE (claviers), Maria MORAN (bassiste et guitariste) et Mark HARRIS et Lawrence HAUGSETH aux instruments à vent. En fait, la palette sonore du groupe change constamment d’un morceau à l’autre, d’autant que chaque musicien est multi-instrumentiste.

Lycanthrope, le morceau d’ouverture, annonce d’emblée un renouveau instrumental en mettant en avant la mandoline (Mike JOHNSON) et la clarinette (Lawrence HAUGSETH). Et nous voilà repartis vers d’impensables horizons tout à la fois séduisants, troublants, tendus, irrationnels et sujets à d’imprévus changements de températures.

Organism fait figure de pièce maîtresse et voit le concours de Fred FRITH et de son immanquable guitare déstabilisante. On remarque aussi le retour de Mark FULLER aux percussions ethniques. Le morceau se distingue du reste de par le recours à ses tablas indiens et d’autres étrangetés aux lignes rythmiques délicieusement sinueuses. Toute la seconde moitié du morceau est dominée par d’enivrantes polyrythmies à base de sons échantillonnés et d’authentiques percussions qui créent une sorte de gamelan indonésien à l’occidentale.

Susanne LEWIS continue de faire merveille avec son chant lancinant et dépassionné de sirène errante (Fountain of All Tears), souvent déployé en de bien étranges acrobaties vocales. Love se distingue ainsi par une alternance de couplets à l’articulation hachée, de couplets aux mots rapides et camouflés, quasiment « mangés », et d’autres où les phrasés vocaux se bousculent presque.

Bref, chaque morceau étonne par ses richesses incongrues et l’album affiche une démarche progressive du plus bel effet. Après ce magnifique In This Life, THINKING PLAGUE devait entamer une hibernation de huit années avant d’effectuer un retour remarqué avec In Extremis.

Stéphane Fougère
(Chronique originale publiée dans
TRAVERSES n°7 – octobre 2000)

Site : http://www.generalrubric.com/thinkingplague/main.html

Label : www.cuneiformrecords.com

Distributeur : www.orkhestra.fr

 

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