GLEIZKREW présente WAD !? Crépuscule Rocking Chair

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GLEIZKREW présente WAD !? Crépuscule Rocking Chair
(ACEL / Musea)

Wad !?… !? Je vous vois venir : « Wad The F… !? » Oui, c’était prévisible, et c’est effectivement ce qu’on se dit après s’être pris cet album dans la tronche, via les conduits auditifs qui n’ont rien vu venir (et pour cause…). Chers petits amis, bienvenue au sein de la nouvelle déflagration sonique provenant de cette Planète interdite qu’est GLEIZKREW. GLEIZKREW ? Bon sang, mais c’est bien sûr ! Ah ! Vous le sentez revenir, le retour de boomerang ? Naguère (à moins que ce ne fut jadis…), un premier méfait, signé Volume 1.1, avait été commis par ce “power trio” fomenté par le batteur sans scrupules Philippe GLEIZES, connu pour son activisme au sein de formations évoluant sur des cordes raides entre jazz, rock et musique improvisée telles que BAND OF DOGS, CAILLOU, MOTHER, JUS DE BOCSE, DR. KNOCK, UNITED COLORS OF SODOM, CALL THE MEXICANS !!!, KOLKHÖZE PRINTANIUM, etc. Jadis encore (mais ç’aurait pu être naguère…), il avait récidivé avec un Volume 1.2. Et le voici émergeant de nouveau du noir le plus profond, tel un trou vert galactique auréolé de radiations bleuâtres qui vous balance ses Noyaux nucléaires à travers la figure, comme un sale gosse ! Wad !?, c’est le cas de le dire !

GLEIZKREW est donc revenu sans crier gare, et en prenant soin, pour mieux créer la surprise, de changer la donne. Le trio de départ s’est désintégré pour faire place à un quartet : aux côtés du sauvagement raffiné Philippe GLEIZES se trouvent désormais la bassiste (et contrebassiste à ses heures, mais qui a un passé “métal”) Olivia SCEMAMA, le trompettiste Aymeric AVICE (de cet autre trio éruptif qu’est JEAN LOUIS…) et le guitariste multi-directionnel Niels MESTRE. Ils viennent de partout pour se retrouver au milieu de ce “nulle part land”, dans cet espace où on va les entendre crier, et vous avec ! Ensemble, ils se sont trouvés des affinités électives qui leur ont permis de mettre en place une façon d’interagir sur une matière musicale protéiforme, lézardée et criblée de brèches improvisées, aux résonances de rite sacrificatoire.

Ce troisième volume signé GLEIZKREW n’a pas, contre toute attente, été baptisé “Volume 1.3”, mais… Crépuscule Rocking Chair. Voilà un titre qui a tout de l’anti-recommandation. Car écouter ce disque confortablement avachi dans son rocking chair quand vient la nuit peut avoir des conséquences fâcheuses : sueurs froides, palpitations incessantes, cavité nasale encombrée, lèvres sèches, orbites oculaires explosés, brûlures intestinales, foulure du poignet, retournement de l’auriculaire, fracture du tibia, écorchure à la cheville, hématome à l’orteil…

Bref, on ne sort pas indemne de GLEIZKREW, de ses assauts impétueux, de ses bouillonnements portés à l’incandescence, de ses trous d’air vicié, de ses turbulences contondantes, de ses digressions crispées, de ses masses fiévreuses, tout à la fois vertes et charnues, qui vous crachent sa Viande de plantes tout en vous donnant du Grain à moudre… Quitte à en faire une Oppsession, GLEIZKREW est constamment sur le qui-vive, en vigilance optimale, en état de guerre soufflant le chaud et le froid ; et ce n’est pas le général Charette qui dira le contraire…

Les trois bougres et la bougresse qui officient dans GLEIZKREW savent conjuguer la transe free rock à tous les temps et de tous les instants, assénant des riffs abrasifs et provoquant des chaos rythmiques tout en peignant des clairs-obscurs psychédéliques et en tricotant des textures aussi métalliques qu’éthyliques, ne vous laissant pas d’autre choix que d’être stupéfait par pareil Trafic.

Même en appliquant le code 29.783, la musique de GLEIZKREW ne se laisse pas déchiffrer comme une simple formule. Elle est la résultante de forces disparates dont la combinaison complice engendre un univers en mutation perpétuelle, passant par des phases d’exubérance comme par des moments d’instabilité, entre lesquels les instants de répits sont de nature à faire perdre l’équilibre.

Une petite note à l’intérieur du digipack préconise que ça “s’écoute très FORT”. Avis aux étourdis ou aux resquilleurs !

Crepuscule Rocking Chair : totale et entière est la possession…

Stéphane Fougère

Label : http://acel-enligne.fr

Distributeur : www.musearecords.com

 

 

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