TAMM-KREIZ – De la toile à la danse, il n’y a qu’un pas

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TAMM-KREIZ

De la toile à la danse, il n’y a qu’un pas

Que l’on cherche sur internet une date de fest-noz ou de fest-deiz, un concert, un organisateur, un renseignement sur un groupe, un musicien, un bagad ou un cercle celtique, un stage, quoi que ce soit qui ait un rapport avec la musique bretonne, tous les chemins de la toile mènent sur le site TAMM-KREIZ.

L’agenda y recense tous les événements ayant lieu en Bretagne, mais aussi dans le reste de la France et même à l’étranger. On y trouve même parfois des festoù-noz qui ont lieu à l’autre bout du monde. Un clic sur l’événement, et la liste des groupes invités s’affiche. Un clic sur le nom d’un groupe et apparaît son agenda, sa discographie et la liste de ses membres actuels avec mention des instruments joués. On continue : un clic sur un instrument, et apparaît comme par magie la liste des musiciens qui jouent de cet instrument, et aussi des animateurs de stages et de cours ; un clic sur le nom d’un musicien, et l’on a la liste des groupes dont il fait partie, son agenda, sa discographie. Les discographies sont d’ailleurs accompagnées d’extraits sonores. Sur chaque page se trouve aussi une carte du lieu de l’événement ou de l’origine de la formation. TAMM-KREIZ est une vraie mine d’or autant pour les professionnels que pour les amateurs de musique et de danse. C’est aussi une association loi 1901 reconnue d’intérêt général à laquelle on peut adhérer et même faire un don.

Derrière le site se cache une équipe passionnée, très active sur les réseaux sociaux, qui ne cesse de développer les moyens d’information et qui a créé récemment une application, une webradio et des tutoriels de danse bretonne en ligne. Hors ligne, on peut rencontrer des membres de cette équipe sur le stand TAMM-KREIZ lors de nombreux événements situés principalement en Bretagne.

* Rencontre avec Jérôme FLOURY et Stefan JULOU
de l’association TAMM-KREIZ

Que signifie “Tamm-Kreiz” ?

Stefañ : Le Tamm-Kreiz, c’est la partie centrale de la suite gavotte, qui fait le lien entre ton simpl et ton doubl. On a choisit ce nom parce qu’on fait aussi le lien entre organisateurs, danseurs et artistes. Littéralement ça veut dire “morceau du milieu”.

Depuis quand l’association existe-t-elle et à quelle occasion a-t-elle été créée ?

Stefañ : Le site internet existe depuis août 2001, il a été créé par Jérôme FLOURY. Et l’association en tant que telle depuis 2005.

Jérôme : Il a été créé à l’origine parce qu’il y avait un gros manque d’avoir sur internet l’agenda du fest-noz. On a donc démarré en faisant l’agenda et on allait d’abord à la pêche aux infos, et au bout d’un moment, quand le site a été bien connu, c’est plutôt l’info qui est arrivée à nous. La particularité de TAMM-KREIZ aussi, c’est que tout était cliquable. Quand on rentrait une info, on pouvait voir tout de suite ce qui en découlait par des liens, ce qui n’existait pas sur d’autres sites. Et puis les infos sont vérifiées et consolidées auprès des organisateurs eux-mêmes.

Est-ce que les visiteurs peuvent rentrer leurs dates ?

Jérôme : Plutôt pas (rires). Ce qui a fait le succès du site, c’est que les infos sont vérifiées. Donc Stefañ vérifie toutes les infos qu’il reçoit, il fait des recoupements pour qu’on soit sûrs de ce qu’on met en ligne.

Stefañ : Les gens peuvent annoncer leurs dates, mais moi je les vérifie avant de les mettre en ligne.

Êtes-vous bénévoles ou salariés ?

Jérôme : Il y a un permanent salarié qui est Stefañ JULOU depuis 2012 et on est une quinzaine de bénévoles.

Stefañ : Et on peut être bien au-delà pour de gros événements.

Jérôme : Pour les quinze ans de TAMM-KREIZ, nous étions presque une quarantaine de bénévoles.

Stefañ : Ça dépend de ce qu’il y a à faire. Pour des événements importants, comme un gros fest-noz, on peut mobiliser pas mal de monde.

Est-ce que vous avez des financements ?

Jérôme : Le poste salarié est financé à 80 % par la région et nous avons les cotisations et les dons.

Quelles sont les principales activités de l’association ?

Jérôme : Il y a d’abord le site d’information sur le fest-noz et l’agenda. Ensuite, il y a une grosse partie qui est l’annuaire de tous les acteurs du fest-noz et de la musique bretonne. Et aussi la partie stages et cours avec les informations sur la formation musique, la danse, etc. C’est la partie principale du site. En deuxième bloc il y a une application mobile qui est faite par deux bénévoles pour Androïd et Iphone, c’est assez nouveau. Il y a également la partie observatoire parce que, depuis que le fest-noz est inscrit à l’Unesco, nous sommes l’observatoire du fest-noz donc nous faisons des statistiques, en partenariat avec le CNRS pour être un peu plus compétents là-dessus. Et puis, dernièrement, nous avons ouvert une web radio qui s’appelle CanalBREIZH, en partenariat avec DASTUM. Plus un peu d’événementiel. Il n’y a pas que le site.

Stefañ : De l’événementiel et des projets. Cette année on a monté le projet #Fest, un projet de promotion du fest-noz auprès du jeune public.

Vous avez alerté d’ailleurs début 2018 sur le fait que la moyenne d’âge des participants au fest-noz a tendance à s’élever. Comment êtes-vous arrivé à cette conclusion ?

Stefañ : Par le biais de sondages. On avait fait des sondages notamment en 2003. On en a refait un autre en 2012 qu’on a voulu reconsolider par le biais du CNRS pour être sûrs de nos résultats. Une personne du CNRS nous a accompagnés pendant six mois. Nous avons refait un panel de sondages avec une douzaine de dates et pas loin de 5000 votants, et en fait on retombait vraiment sur nos pieds avec une proportion de jeunes de moins de 25 ans ou de moins de 30 ans très faible comparé au reste de la population. Donc on s’est dit qu’il fallait qu’on fasse quelque chose, qu’on ne reste pas les bras croisés. Le fest-noz devrait attirer la jeunesse, car il y a des groupes pleins de vigueur, comme ce soir à Yaouank, qui sont faits pour les jeunes.

Alors pourquoi les jeunes ne viennent pas en fest-noz ? On s’est posés la question. On s’est rapprochés de plusieurs personnes, des sociologues, des spécialistes de la fête, les festivals, etc., qui nous ont dit que c’était aussi certainement une méconnaissance du jeune public vis-à-vis du fest-noz, alimentée peut-être aussi par des préjugés qu’il faut essayer de rompre. Mais ce n’est pas simple. Donc on a monté le projet #Fest avec quatorze groupes qui ont chacun leur identité musicale, différente des autres, et qui parle aussi aux jeunes. Les jeunes peuvent s’y retrouver, qu’ils aiment le hip-hop, le rap, etc., dans ces groupes qui ont été sélectionnés par des jeunes d’ailleurs.

Vous avez fait tourner ces groupes ?

Stefañ : On a fait des show-case à Rennes, à Saint-Brieuc, à Guingamp, à Brest. Il y en a eu deux à Saint-Brieuc. A chaque fois, ça a été un succès. Je prends toujours comme référence le premier show-case qu’on a fait, c’était au lycée Rabelais. On a eu BEAT BOUET qui est intervenu et, dans la salle, il y avait trois ou quatre cent jeunes qui ont été invités par le lycée à venir dans la salle et qui n’étaient pas obligés de rester. Et ils sont restés tout le long du concert. Ça a été gagné. Quand on n’aime pas quelque chose ou qu’on a des préjugés, on s’en va. Là, ils sont restés de bout en bout, ils ont même pris le CD qu’on distribuait et certains d’entre eux nous ont suivis sur le Facebook live qu’on faisait au fest-noz de Lannion. Pour moi, c’est une partie du projet #Fest qui a très bien fonctionné.

J’ai d’ailleurs découvert KAJI, qui joue tout à l’heure, grâce à la diffusion d’un direct sur la page facebook de TAMM-KREIZ.

Stefañ : KAJI, on leur offre un enregistrement. C’est un partenariat qu’on a avec le concours interlycées de Lannion. On récompense le lauréat par une session d’enregistrements à Armor Studios à Plérin. Un jour d’enregistrement et un jour de mastering. Le groupe C’HARR NIJ a fait une maquette cinq titres l’année dernière et ils ont figuré sur notre compile #Fest ensuite (NDLR : la compile #Fest présente 14 groupes de la nouvelle scène fest-noz, tous de styles différents).

Quels sont vos partenaires ?

Jérôme : On a 60 – 70 partenaires par an qui sont des organisateurs de fest-noz, avec qui on a une relation privilégiée en terme de communication surtout et aussi des adhérents de l’association qui mettent notre logo sur leurs affiches et nous mettons en valeur leurs événements sur le site et sur les réseaux sociaux. Ce sont les partenaires à l’année. Autrement, en gros partenariats, nous avons des partenaires pour la diffusion de l’agenda, notamment LE TÉLÉGRAMME. On envoie par flux informatique automatique notre agenda au Télégramme et ça atterrit sur leur site web, dans LE TÉLÉGRAMME papier et dans l’application mobile. Eux, ils ne s’occupent plus du tout du fest-noz. C’est le travail de Stefañ qui est récupéré.

Stefañ : L’information de TAMM-KREIZ ne reste pas que chez nous, elle est diffusée ailleurs. Il y a Le Télégramme qui est le plus gros partenaire actuel. On en a d’autres comme LE CRI DE L’ORMEAU, qui est bien diffusé dans les Côtes d’Armor. Depuis des années maintenant, ils récupèrent nos dates. On a aussi des radios bretonnes comme PLUME FM, RADIO KREIZ BREIZH, RADIO LASER sur Rennes aussi, qui diffusent nos dates. Tout ça permet de diffuser l’info au plus grand nombre.

Dans les Pays-de-la-Loire aussi ?

Stefañ : Partout. Avec l’AGENCE CULTURELLE MORVAN LEBESQUE notamment sur Nantes, avec qui on a de très bons rapports et qui a participé d’ailleurs au #Fest avec nous.

Avez-vous des partenariats avec des écoles, des lycées ?

Jérôme : Pour les lycées, ont est restés sur la partie show case dans le cadre de la promotion du fest-noz. Après, ce qu’il faudrait, c’est renouveler l’opération parce qu’on en a fait cinq, ce n’est pas tant que ça. Ce serait bien d’en refaire.

Stefañ : C’est vrai qu’il faudrait généraliser un peu plus les show case sur la Bretagne. Ce serait bien de faire un show case dans le Sud Bretagne aussi.

Vous êtes partenaires du site NOZ BREIZH, qui diffuse un large choix d’albums de musique bretonne. Pouvez-vous nous parler de ce partenariat ?

Stefañ : Nous connaissons Louis depuis de nombreuses années et il fait partie de notre CA depuis de longues années aussi. Au début, nous référencions nous aussi les albums, et nous nous sommes aperçus que ça faisait doublon avec le beau travail de NOZ-BREIZH. Aussi, il a volontiers accepté que sa base serve de discographie pour notre site.

Vous animez aussi une webradio, CanalBREIZH. Depuis combien de temps existe cette radio ? Quel est son fonctionnement ?

Stefañ : CanalBREIZH a été créée en janvier 2017, une webradio qui est le fruit d’un travail partagé entre TAMM-KREIZ, DASTUM et NOZ BREIZH. On peut être fiers d’avoir créé la seule webradio 100% bénévole, 100% bretonne et dont on maitrise tous les outils, car nous ne dépendons pas de ressources externes. Tous les outils sont développés en local ! Du développement de la webradio, sa programmation et sa diffusion sont 100% made in Bretagne !

Nous payons des droits aux sociétés de producteurs et à la SACEM, ce qui fait que les artistes sont rémunérés sur les droits d’auteurs dès que nous les passons à l’écoute.

Nous sommes une douzaine de bénévoles à se répartir deux demi-journées par semaine. A nous de remplir nos créneaux par le biais de playlists que l’on crée parmi les 25 000 titres de musique bretonne disponibles à ce jour.

Nous avons fait le choix de ne pas faire d’émission en direct, en revanche ça peut arriver que nous retransmettions des festoù-noz en live.

Nous ne sommes qu’au début avec CanalBREIZH et nous allons la développer petit à petit, toujours pour promouvoir la musique bretonne au plus grand nombre et de manière gratuite.

La webradio est disponible sur nos appli Androïd et IOS, sur lesquels on retrouve l’agenda des fest-noz, les tutos de danses bretonnes et des outils de recherches.

Des tutos de danses bretonne ? C’est une nouveauté ?

Stefañ : Les tutos n’ont pas encore un an et seront sur le nouveau site qui est en cours de préparation.

Merci à vous deux.

Entretien et photo réalisés au stand TAMM-KREIZ : Sylvie Hamon
au fest-noz de clôture du Festival Yaouank (17 novembre 2018)
Illustrations  : captures des sites et de l’application + pochette de la compile #Fest

 

Site de TAMM-KREIZ : http://www.tamm-kreiz.bzh/
Page Facebook : https://www.facebook.com/TammKreiz/

Le bulletin d’adhésion : http://www.tamm-kreiz.bzh/asso/bulletin2019.pdf
(L’association TAMM-KREIZ étant reconnue d’intérêt général, vous pouvez déduire 66% de votre cotisation sur votre impôt sur le revenu. Ainsi, une cotisation de 30 € ouvre droit à 19,80 € de réduction d’impôt, ce qui porte le coût réel à 10,20 €. L’adhésion permet de bénéficier de tarifs réduits sur certains événements partenaires.)

L’application :
Androïd : https://play.google.com/store/apps/details?id=com.bzh.tk
Apple : https://itunes.apple.com/fr/app/tamm-kreiz/id1348376172?mt=8

Les partenaires :
Site de CanalBREIZH : http://www.canalbreizh.bzh/
Site de Louis NOZ BREIZH : http://www.nozbreizh.fr/
Site de DASTUM : http://www.dastum.bzh/

 

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