R. Carlos NAKAI – La flûte enchanteuse à la croisée des chemins et des canyons

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R. Carlos NAKAI

La flûte enchanteuse
à la croisée des chemins et des canyons

La flûte amérindienne en bois de cèdre rouge est un instrument ancien, typique de l’Amérique du Nord. Elle est fabriquée par son interprète (ou pour son interprète), ce qui lui donne une sonorité unique. La flûte doit avoir la capacité d’égaler la voix humaine et d’avoir un son apaisant, ce qui explique que de nombreux disques amérindiens soient classés non pas dans les bacs ethniques, mais dans le new-age. On connaît surtout les chants et tambours traditionnels des Amérindiens utilisés dans les cérémonies que l’on peut parfois entendre dans des films, mais on connaît mal cet instrument qui était employé pour courtiser les femmes, marquer les moments de repos et de réflexion ou aider à la guérison des malades.

La pratique de la flûte de cèdre a été conservée par quelques artistes, comme Doc Tate NEVAQUEYA (Comanche), puis plus tard R. Carlos NAKAI, qui est aujourd’hui le flûtiste le plus prolifique et le plus diversifié de sa génération, goûtant à de nombreux styles musicaux, en solo, avec les musiciens traditionnels ou issus du jazz, du new age, et même contemporains…

R. Carlos NAKAI (Navajo-Ute) est né en 1946 à Flagstaff en Arizona. Il a été élevé dans le respect des cultures ancestrales et s’est très jeune intéressé à celle de son peuple, la culture Diné (au 18e siècle, ce peuple se nommait Diné ; ce sont les colons espagnols qui leur ont donné le nom Navajo). Il a vécu également parmi d’autres tribus amérindiennes du Nord et a étudié leur culture. En 1973, après avoir étudié la trompette classique, il apprend la flûte, collecte des mélodies traditionnelles dans toutes les tribus qu’il rencontre, les adapte dans son propre style et enregistre ses deux premiers albums à la flûte solo, Sundance Season (1988) et Desert Dance (1990). Puis il signe chez Canyon Records (qu’il ne quittera plus) et réalise en 1983 l’album Changes, qui contient des interprétations en solo de mélodies zuni, blood et lakota, ainsi que ses propres compositions, inspirées par ses voyages à travers l’Amérique du Nord et les réserves ; suivra Cycles, composé pour un film (Our Voices, Our Land) de la fondation Heart Museum destiné à faire découvrir, à travers l’Ouest américain, l’attachement des Amérindiens à leur culture, leurs traditions et leur Terre. La flûte est accompagnée d’un synthétiseur, qui donne à cette musique une expression “new age”.

En 1986, avec l’album Journeys, R. Carlos NAKAI décide de mettre au service de sa musique les technologies modernes. L’échantillonneur lui fournit divers sons de la nature, le vent, l’océan, qui accompagnent ce voyage à travers une musique totalement improvisée. Puis il réalise Earth Spirit, qui marque un retour à la fois à la flûte solo, mais aussi aux reprises de mélodies traditionnelles athabascan et omaha, et à des compositions originales plus simples.

Toujours avec l’aide des techniques digitales, il recrée pour sa flûte de cèdre l’écho des canyons et des vallées de l’Arizona. Canyon Trilogy emmène ainsi l’auditeur dans les lieux les plus beaux et les plus reculés que l’imagination puisse trouver. Il enregistre également un concert donné en solo en 1992 qui contient des arrangements de mélodies traditionnelles des plaines et des improvisations figurant sur l’album Emergence.

Rencontres improvisées

La carrière de R. Carlos NAKAI ne se résume pas à des prestations en solo : en 1989, il enregistre un album avec un certain William EATON, Carry the Gift, où il marie sa flûte aux guitares, harpes et lyres nées des doigts agiles de cet étonnant artiste américain avec lequel il réalise quatre albums.

En 1990, une autre collaboration s’annonce avec un nouvel opus sorti sur le label Silver Wave Records, Natives, sur lequel la flûte de cèdre, additionnée d’une flûte hawaïenne et de percussions, rencontre le piano de Peter KATER (connu dans le monde du jazz contemporain à tendance new age) pour une suite de sept improvisations dédiées aux sept directions de l’Espace dans la cosmologie amérindienne (Est, Ouest, Nord, Sud, Haut, Bas, Intérieur), aux quatre saisons et à des moments précis de la journée.

R. Carlos NAKAI et Peter KATER s’adjoindront différents musiciens pour poursuivre leurs improvisations, notamment David DARLING au violoncelle et Mark MILLER au saxophone soprano, pour deux albums aussi émouvants que troublants, Migration (avec la chanteuse Chris WHITE) et Honorable Sky (avec Paul McCANDLESS au hautbois). Ils sont également sollicités pour composer la musique d’une série documentaire télévisée de six heures sur les Amérindiens au 19e siècle, How the West was Lost.

La dernière production de ce duo est une oeuvre faite de dix improvisations enregistrées pendant une série de concerts aux Etats-Unis en 1995, où les nappes planantes du piano sont colorées par les interventions sinueuses de la flûte magique (on peut même dire enchantée !), où les deux artistes se racontent leur histoire par leurs instruments interposés, évoquant leurs sentiments, leurs joies, leurs inquiétudes…

 

Escapade au Japon

Il n’est pas rare de trouver les disques de R. Carlos NAKAI dans les rayons new age des disquaires, et pour cause… vous avez sans doute remarqué que cet artiste est familier avec des musiques à sonorités plutôt douces, paisibles, teintées de spiritualité, proches de la musique Zen. Cela n’étonnera donc personne qu’il ait traversé l’océan pour enregistrer avec des artistes japonais.

On retrouve donc sur ce CD, Island of Bows (1994), le WIND TRAVELLIN’ BAND, ensemble traditionnel inspiré par la nature et les musiques folkloriques qui ne viennent pas de l’Ouest, et qui mêle instruments à cordes (koto, erhu, shamisen), vent (flûte shakuhachi) et percussions d’Asie et d’Afrique. Deux autre éminences japonaises apportent leur concours : Shonosuke OHKURA, accompagnateur de pièces de théâtre No avec son tambour, et promoteur de la culture japonaise, et Oki KANO, joueur de tonkori (instrument à cordes rarissime de l’ethnie japonaise aïnue).

Island of Bows, enregistré au temple Hounji à Kyoto, est un incroyable exercice de style, un dialogue entre les instruments animé de passion, de tranquillité, d’écoute de l’autre. Les instruments y tissent des toiles légères, aérées et aériennes, se croisant sans jamais s’emmêler.

L’écho du canyon

Inside Canyon of Chelly réunit R. Carlos NAKAI et Paul HORN. Ce dernier est considéré comme l’un des fondateurs de la musique new age ; il a réalisé en effet une quarantaine d’albums.

Musicien de jazz, il a enregistré avec Duke ELLINGTON, Frank SINATRA, Nat King COLE… Il a de plus reçu un grammy award en 1965 pour Jazz suite on the mass texts et a été nommé en 1988 pour Traveler dans la catégorie new age. Afin de mieux poursuivre sa quête spirituelle, il enregistre dans des lieux sacrés tels le Taj Mahal, la Grande Pyramide et le Findhorn en Ecosse. Le Canyon de Chelly faisait bien sûr partie de ses projets et le destin a voulu qu’il rencontre R. Carlos NAKAI.

Leur disque s’est fait le temps d’un week-end : partis deux jours à l’aventure dans le Canyon de Chelly, au coeur des terres navajo au Nord-Est de l’Arizona, les deux flûtistes ont réalisé une exploration musicale totalement improvisée, inspirée à la fois par les éléments terrestres et mystiques, le lieu, le temps… Les morceaux ont été enregistrés à différents lieux du canyon, profitant de l’écho et de la réverbération des “murs” de rocs, et n’ont subi aucun traitement en studio, de façon à garder intacts ces moments d’improvisation et les bruits réels de la nature (oiseaux, insectes, eau, vent, tonnerre au loin). On y entend même un avion passer sur le dernier morceau, Pele’s Thunderbird.

Hommage aux anciens

R. Carlos NAKAI a également participé à une oeuvre de Tony HYMAS (Oyate), pianiste de jazz-rock-contemporain anglais, qui s’est distingué pour sa collaboration avec de nombreux artistes amérindiens sur trois doubles CD parus sur le label français Nato.

Le premier, Oyate, sorti en 1990, est un hommage aux chefs amérindiens qui ont marqué l’histoire et regroupe des personnalités telles que Kevin LOCKE, Tom BEE (leader de XIT, groupe rock des 70’s, devenu producteur), John TRUDELL (poète sioux à la formation blues-rock), Jim PEPPER (saxophoniste de jazz), Joanne SHENANDOHA (chanteuse country)… et bien sûr R. Carlos NAKAI, qui interprète, avec Tony HYMAS au piano et Stuart ELLIOTT à la batterie, le morceau Black Kettle, hommage au chef cheyenne qui signa un traité de paix en 1864, avant d’être tué lors d’une attaque-surprise de CUSTER en novembre 1968.

Les deux productions qui suivent, Remake of the American Dream (1992) et Left for Dead (1994), mettent en musique les poèmes de Barney BUSH (Shawnee) dits par leur auteur et accompagnés au piano, avec la participation, entre autres, d’Ed Tate NEVAQUAYA.

De la tradition au classique

Malgré ses nombreuses prestations, R. Carlos NAKAI n’oublie pas pour autant sa formation classique et joue dans plusieurs ensembles symphoniques, notamment ceux de Phoenix, Tucson, San Juan… Il trouve aussi le temps d’enregistrer sous la direction d’un compositeur contemporain avec lequel il réalise trois albums, James deMARS.

En 1981, James DeMARS enseigne à l’université de l’Arizona et monte le TOS ENSEMBLE (ensemble classique auquel se joint R. Carlos NAKAI). Il compose d’abord pour des chorales (The Prophet, Tito’s Say, Anthem to the United Nations, An American Requiem). En 1986, Canyon Records fête ses 35 ans et lui commande un concerto pour flûte amérindienne et orchestre de chambre, composé pour R. Carlos NAKAI et qui doit comporter un thème du premier enregistrement réalisé par Canyon Records en 1951, Navajo Singer, par le chanteur Ed Lee NATAY.

Le concerto, nommé Spirit Horses, débute par un arrangement du chant Zuni Sunrise Song (Ed Lee NATAY, 1951), sur lequel les instruments évoquent les chevaux volant, galopant et disparaissant, et oppose les traditions amérindiennes, représentées par la flûte de R. Carlos NAKAI, et européennes par ses solos de violon et de violoncelle, entrecoupées de courtes improvisations de tambour. L’enregistrement du disque se fait en 1991, enrichi de trois autres compositions : Premonitions of Christopher Colombus, qui comporte des sonorités de différentes ethnies (amérindiennes, africaines, égyptiennes), et sur lequel la flûte est doublée de saxophone, violoncelle, piano, percussions africaines et gongs de Mark SUNKETT ; Tapestry V, articulé par les tambours africains et un synthé, est une succession de mélodies pour saxophone, violoncelle ou flûte, adaptées du style navajo qui tente d’approcher le chant des oiseaux ;  Colors Fall, confrontation entre la flûte amérindienne et la flûte européenne dont la mélodie vient de Hopi Harvest Dance Song (Ed Lee NATAY, 1951), clôt l’album.

La collaboration se poursuit et donne le jour à un deuxième album, Native Tapestry, en 1994, qui inclut Two World Symphony ainsi que trois compositions tirées de Two World Concerto, joué à guichets fermés en 1993, et réarrangées : Crow Wing, duo de flûte et de saxophone, qui développe le thème du rendez-vous de deux oiseaux voletant ensemble ; Lake that Speaks, où la flûte nous emmène sur le “Lac qui parle” (Minnesota), voyage paisible accompagné de vagues de violoncelle, vibraphone et piano ; Spirit Call débute par une fugue au piano, violoncelle et saxo, interrompue par la flûte de R. Carlos NAKAI qui adapte Shaman’s Call (tiré de son album Earth Spirit), bientôt rejointe par le djembé (percussion africaine) de Mark SUNKETT et les autres instruments.

La pièce maîtresse de ce disque, Two World Symphony, est une commande du Comité de l’Arizona destinée à célébrer le bicentenaire de la Révolution française, dont le nom rapproche les “deux mondes”, l’Europe et l’Amérique.

Cette symphonie comprend la traditionnelle flûte de cèdre, des percussions africaines ainsi qu’un orchestre de musique de chambre, ainsi que trois poèmes récités par le poète français Michel SARDA, dans sa langue natale, Portes ouvertes sur le vent, Viendra la sécheresse et Reviendront sur la Terre les averses nomades, qui servent d’introduction à chacun des trois mouvements de la symphonie. La flûte est moins mise en évidence dans cette symphonie, mais conserve un rôle prépondérant du fait que ses solos suggèrent quelques fragments de La Marseillaise. Cette oeuvre sublime n’a malheureusement pas été jouée en France…

Il faut attendre le troisième CD de la collaboration NAKAI/DeMARS pour entendre dans son intégralité le fameux Two World Concerto, dont quelques bribes figuraient, sous une forme réarrangée, dans Native Tapestry. Spirit Call est, selon l’auteur, “un voyage spirituel qui explore les visions des ancêtres à travers un dialogue entre la flûte traditionnelle amérindienne et les mélodies basées sur les traditions européennes et arabes” ; avec Lake that Speaks, James DeMARS a voulu recréer l’ambiance de la forêt et du lac où il vit dans le Minnesota à travers les instruments à vent, cordes et percussions, où la flûte dessine des lignes mélodiques tortueuses ; Crow Smoke, le dernier mouvement, laisse entendre les plaintes rauques de la flûte de R. Carlos NAKAI avant d’entamer le dialogue avec le Canyon Symphony Orchestra.

La pièce la plus originale de ce disque est sans conteste Native Drumming (Concerto for pow-wow Drum and Orchestra), pour laquelle il a fait appel au groupe novateur du circuit des pow-wows, les BLACK LODGE SINGERS. Après avoir transcrit des pages de musiques de pow-wows, James DeMARS ose enfin confronter celles-ci à un orchestre symphonique. La première partie est basée sur le traditionnel blackfeet, Flag Song, et l’orchestre accompagne les chants et tambours en mettant en évidence (pour l’oreille occidentale) la complexité des mélodies de pow-wows. La seconde partie, Destiny Song, a été composée spécialement pour les BLACK LODGE SINGERS, qui alternent vocalises et texte, entraînant l’orchestre sur les pas des danseurs, puis enchaînent sur Sacred Mask Dance, morceau déjà enregistré sur le premier album produit par Canyon, Natay, Navajo Singer. Cette remarquable œuvre ethno-symphonique est d’une beauté fascinante.

R. Carlos NAKAI et James DeMARS ont également écrit ensemble un livre, The Art of the Native American Flute (132 pages), en trois parties : la flûte (histoire, technique, style…) ; les transcriptions de 16 morceaux de R. Carlos NAKAI et de 2 compositions de James DeMARS ; et une analyse du rôle de R. Carlos NAKAI dans la culture amérindienne par l’ethnomusicologue David P. McALLESTER.

Vers de nouveaux horizons


Cela ne vous étonnera pas si je vous dis que R. Carlos NAKAI a aussi son propre groupe, JACKALOPE. Le style ? Ça s’appelle “SynthacousticpunkarachiNavajazz”.

Cliquez ici pour lire notre article sur JACKALOPE.

 

Article réalisé par : Sylvie Hamon
Photos : John Running
(
Paru dans Ethnotempos n° 2, mai 1998)

Site : http://rcarlosnakai.com/

Site du label Canyon Records : http://canyonrecords.com/

 
Discographie de R. Carlos NAKAI (à jour 2018)

En solo :

◊ Sundance Season (Celestial Harmonies – 1988)
◊ Desert Dance (Celestial Harmonies – 1990)
◊ Changes (Canyon Records – 1983 – extraits)
◊ Cycles (Canyon Records – 1985 – extraits)
◊ Journeys (Canyon Records – 1986 – extraits)
◊ Earth Spirit (Canyon Records – 1987 – extraits)
◊ Canyon Trilogy (Canyon Records – 1989 – extraits – réédité avec une 4e partie inédite)
◊ Emergence (Canyon Records – 1992 – extraits)
◊ Mythic Dreamer (Canyon Records – 1998 – extraits)
◊ Inner Voices (Canyon Records – 1999 – extraits)
◊ Fourth World (Canyon Records – 2002 – extraits)
◊ Sanctuary (Canyon Records – 2003 – extraits)
◊ Talisman (Canyon Records – 2008 – extraits)

Avec WIND TRAVELLIN’ BAND :

◊ Island of Bows (Canyon Records – 1994 – extraits)

Avec William EATON :

◊ Carry the Gift (Canyon Records – 1988 – extraits)
◊ Winter Dreams (Canyon Records – 1990 – extraits)
◊ Ancestral Voices (Canyon Records – 1992 – extraits)

Avec William EATON et Will CLIPMAN :

◊ Feather, Stone & Light (Canyon Records – 1995 – extraits)
◊ Red Wind (Canyon Records – 1998 – extraits)
◊ Dancing into Silence (Canyon Records – 2009 – extraits)

Avec William EATON, Will CLIPMAN et NAWANG KHECHOG :

◊ In a distant place (Canyon Records – 2000 – extraits)

Avec Nawang KHECHOG :

◊ Winds of Devotion (Canyon Records – 1998 – extraits)

Avec AmoChip DABNEY :

◊ Edge of the Century (Canyon Records – 2001 – extraits)

Avec Will CLIPMAN :

◊ Awakening the Fire (Canyon Records – 2013 – extraits)

Avec Cliff SARDE :

◊ Enter Tribal (Canyon Records – 2000 – extraits)

Avec William EATON, Cliff SARDE et Randy WOOD :

◊ Reconnections (Canyon Records – 2006 – extraits)

Avec Udi BAR-DAVID :

◊ Voyagers (Canyon Records – 2007 – extraits)

Avec Keola BEAMER :

◊ Our beloved Land (Canyon Records – 2005 – extraits)

Avec Peter KATER :

◊ Natives (Silver Wave Records – 1990)
◊ Migration (Silver Wave Records – 1992)
◊ Honorable Sky (Silver Wave Records – 1994)
◊ Improvisations in Concert (Silver Wave Records – 1996)
◊ Through Windows & Walls (Silver Wave Records – 2001)
◊ Ritual (Mysterium Music – 2013)

Avec Paul HORN :

◊ Inside Canyon of Chelly (Canyon Records – 1997 – extraits)
◊ Inside Monument Valley (Canyon Records – 1999 – extraits)

Avec James DeMARS :

◊ Spirit Horses (Canyon Records – 1991 – extraits)
◊ Native Tapestry (Canyon Records – 1993 – extraits)
◊ Two World Concerto (Canyon Records – 1997 – extraits)

Avec JACKALOPE :

◊ Jackalope (Canyon Records – 1986 – extraits)
◊ Weavings (Canyon Records – 1988 – extraits)
◊ Boat People (Canyon Records – 1993 – extraits)
◊ Dances with Rabbits (Canyon Records – 1993 – extraits)

Avec R. Carlos NAKAI QUARTET :

◊ Kokopelli’s Cafe (Canyon Records – 1996 – extraits)
◊ Big Medicine (Canyon Records – 1998 – extraits)
◊ Ancient Future (Canyon Records – 1999 – extraits)
◊ People of Peace (Canyon Records – 2004 – extraits)
◊ What lies beyond (Canyon Records – 2016 – extraits)

Compilations :

◊ R. Carlos NAKAI solo et collaborations – In beauty, we return (Canyon Records – 2004 – extraits)
◊ R. Carlos NAKAI et Peter KATER – Songs for Humanity (Silver Wave Records – 2002 – compilation avec 2 inédits)

Participations :

◊ William EATON – Tracks we leave (Canyon Records – 1989)
◊ Peter KATER – How the West was lost – vol. 1 (Silver Wave Records – 1993)
◊ Peter KATER – How the West was lost – vol. 2 (Silver Wave Records – 1995)
◊ Tony HYMAS – Oyate (Nato – 1998)
◊ Philip GLASS – The Concerto Project, Vol. II (Orange Mountain Music – 2006)
◊ James DeMARS – Guadalupe, Our Lady Of The Roses (Canyon Records – 2008 – extraits)

 

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